HO HO / La Presse Canadienne

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Un rapport publié à la suite d’une enquête publique sur la mort d’un Terre-Neuvien abattu par la police en 2015 blanchit le policier impliqué dans le drame.

Le commissaire d’enquête Leo Barry a rendu son rapport public mardi.

Il y écrit que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a bien agi en ne portant pas d’accusations à l’encontre de l’agent Joe Smyth de la Force constabulaire royale de Terre-Neuve.

Lors de son témoignage, le policier a expliqué avoir atteint Don Dunphy de deux balles à la tête et d’une balle au thorax, le jour de Pâques en 2015, après que le suspect eut pointé une arme en sa direction dans sa maison de Mitchell’s Brook, à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Saint-Jean.

Le commissaire Barry souligne que bien que l’agent Smyth ait commis «certaines erreurs de jugement», rien ne permet de réfuter le principe voulant qu’il ait agi en légitime défense.

«Malgré certains aspects problématiques de son témoignage, je n’ai reçu aucune preuve qui me permette de remettre en question sa version des événements et il n’y a aucune preuve médico-légale pour appuyer ces arguments», tranche-t-il.

«Il s’agirait d’une spéculation inappropriée de décider si l’agent Smyth aurait pu éviter d’utiliser une force qui s’est avérée mortelle s’il n’avait pas fait ces erreurs», poursuit M. Barry.

Le commissaire écrit également que le policer se trouvait dans la maison de la victime sans autorité légale, puisqu’il n’avait pas donné au suspect l’information nécessaire pour justifier sa présence sur place.

L’agent Smyth faisait partie de l’équipe de sécurité du premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Paul Davis, au moment du drame. Il s’était pointé chez Don Dunphy seul et sans l’en avoir avisé, après que ce dernier eut publié un message inquiétant sur Twitter.

Le commissaire a noté que le policier n’a pas gardé ses yeux en tout temps sur Don Dunphy, particulièrement sur ses mains.

M. Barry a aussi conclu que rien ne prouvait la théorie avancée par la fille de la victime qui suggérait que l’agent Smyth ait pu confondre le bâton que son père gardait près de sa chaise avec une arme à feu.

«La question qui demeure sans réponse est de savoir ce qui a pu motiver Don Dunphy à passer de son état de participant à une conversation cordiale à un état agité qui l’a mené à pointer une arme en direction du policier», avance M. Barry.

Le commissaire dit avoir trouvé des «déficiences matérielles» dans la manière dont la GRC a enquêté sur la fusillade et que cela a «créé l’apparence d’un traitement préférentiel».

Il recommande que ce type d’incidents impliquant des policiers soit soumis à une agence dirigée par des civils, comme cela se fait dans d’autres provinces.

Le rapport fait plusieurs recommandations, dont celle de fournir à tous les policiers de Terre-Neuve-et-Labrador une formation, tous les trois ans, pour gérer adéquatement les personnes en état de crise.

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