MONTRÉAL — Les familles de jeunes enfants à faible revenu font face à différents problèmes, selon que les parents travaillent ou non, en ce qui a trait à l’utilisation des services à leur disposition, révèle une nouvelle étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Dans le cadre de son Enquête québécoise sur l’expérience des parents d’enfants de 0 à 5 ans, l’ISQ s’est penché sur l’utilisation d’un éventail de services pour les ménages qui se situent sous le seuil de faible revenu, allant des services de soutien pour les parents aux activités liées au développement de l’enfant.

Selon le document, au Québec, le quart des parents ayant un enfant de ce groupe d’âge fait partie d’un ménage à faible revenu. De plus, près de la moitié de ces parents sont nés à l’extérieur de la province.

L’auteure de la recherche, Lucie Gingras, a démontré que ces familles ne constituent pas un bloc homogène; dans chaque situation, elles vont utiliser davantage certains services et moins d’autres, selon les défis auxquels elles doivent faire face.

Les différences sont les plus remarquables pour les activités liées au développement de l’enfant, qui sont en général moins utilisées par les parents de cette catégorie de revenu.

Ainsi, les familles dont les deux parents travaillent seront plus enclines à inscrire leurs enfants à des activités sportives: 54 pour cent d’entre elles utilisent ces services, contre 40 pour cent pour les familles où aucun parent ne travaille.

«Il y a un effet, c’est sûr, (en fonction) de la capacité financière des parents», a fait remarquer Mme Gingras en entrevue téléphonique.

«Ce qui est quand même bien, c’est que les parents qui sont en emploi réussissent malgré tout, même s’ils sont toujours à faible revenu, ne l’oublions pas, à inscrire les enfants quand même à ce type d’activités-là», a-t-elle ajouté.

Les ménages où les deux parents sont sans emploi seront quant à eux plus susceptibles de participer à des activités avec leurs enfants, selon les données.

Divers défis pour les parents

Les raisons pour utiliser ou non un service ou un autre sont différentes selon les situations.

Les familles avec deux parents qui travaillent évoqueront davantage les contraintes aux horaires. En revanche, les ménages où les deux parents sont sans emploi expliqueront leur non-utilisation par les coûts, le manque d’information ou la complexité de se rendre sur les lieux.

«On considère souvent ce groupe comme étant un peu monolithique, mais on se rend compte que ça change énormément selon la situation d’emploi des parents», a analysé Mme Gingras.

Selon elle, ce qu’il faut retenir de cette étude est qu’il existe beaucoup de familles dont les parents travaillent et qui se retrouvent tout de même en deçà du seuil de faible revenu. La majorité des familles à faible revenu comptent au moins un des parents qui travaille, indique l’étude.

«Ils ne sont pas au crochet de la société, il faut absolument les soutenir», a-t-elle indiqué.

«Les activités et les services sont là pour les soutenir, il faut peut-être encourager leur participation à ces services-là.»

L’enquête de l’ISQ a été menée du 16 janvier au 10 mai 2015 dans 16 régions du Québec, particulièrement auprès de ménages défavorisés. Plus de 14 900 parents ayant au moins un enfant de moins de cinq ans ont répondu au questionnaire sur le web et par téléphone.

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