Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

DUBLIN — Le premier ministre Justin Trudeau et son homologue de l’Irlande, Leo Varadkar, ont fait l’éloge de l’accord de libre-échange entre le Canada et les pays de l’Union européenne (UE), mardi, lors de leur conférence de presse commune tenue à Dublin à l’issue de leurs entretiens.

L’Accord économique et commercial global (AÉCG) a été conclu l’an dernier après plus de sept ans de négociations, mais son entrée en vigueur n’est toujours pas assurée puisque les 28 pays membres de l’Union européenne doivent maintenant voter sa ratification de manière indépendante.

De nombreux intérêts touchant divers secteurs, allant des produits pharmaceutiques aux fromages canadiens en passant par les investisseurs étrangers, ont remis en question la certitude de voir l’AÉCG se concrétiser.

Les gouvernements du Canada et de l’Irlande appuient cependant l’entente, et M. Trudeau espère que le nouveau leader irlandais pourra faire pression sur ses homologues européens afin qu’ils l’entérinent.

«L’AÉCG permettra aux entreprises canadiennes et irlandaises de se donner mutuellement un meilleur accès à leurs marchés, a expliqué le premier ministre canadien. Cela permettra de renforcer la croissance économique, le genre de croissance qui avantage tous les citoyens et non uniquement les plus riches.»

«Plus important encore, il permettra de créer davantage de bons emplois payants pour les travailleurs des deux côtés de l’Atlantique.»

M. Trudeau rencontrera certains des autres membres de l’AÉCG plus tard cette semaine, au sommet du G20 à Hambourg. Quelques-uns parmi eux se montrent moins vigoureux dans leur appui, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.

Inscrire l’AÉCG au programme du G20 pourrait par ailleurs être une tâche ardue, étant donné que les préoccupations de Mme Merkel et M. Macron tournent plutôt autour de l’accord de Paris sur le climat et d’autres enjeux, comme la première rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine.

De nombreux points communs

M. Varadkar a indiqué que son engagement envers l’AÉCG était l’un de ses nombreux points communs avec Justin Trudeau.

«Nous croyons tous les deux fermement que le libre-échange est l’un des meilleurs moyens de créer de bons emplois pour la classe moyenne, la classe ouvrière et aussi pour améliorer notre sort à tous dans l’avenir», a-t-il dit en conférence de presse.

Le premier ministre canadien espère que l’AÉCG lui permettra de diversifier son économie ailleurs qu’aux États-Unis, tandis que l’Irlande le juge souhaitable parce que le pays est lié au Royaume-Uni, qui entame son divorce de l’Union européenne.

«Nous avons chacun une relation avec un puissant voisin, un voisin qui a, d’une certaine façon, choisi de prendre un chemin différent, du moins pour l’instant.»

M. Varadkar a lancé à la blague qu’il avait reçu de bons conseils de la part de Justin Trudeau pendant leur rencontre, puisqu’il est au pouvoir depuis 18 jours seulement, tandis que son homologue canadien est premier ministre depuis environ 18 mois. Justin Trudeau est le premier visiteur international de Leo Varadkar et il s’agissait de la première rencontre entre les deux hommes.

Les deux dirigeants ont mentionné l’importance d’être inclusif.

«Les Canadiens et les Irlandais comprennent tous deux qu’il n’est pas suffisant de tolérer nos voisins, nous devons apprécier les choses qui rendent chacun de nous unique, qu’il s’agisse de notre genre, de la langue que nous parlons à la maison, de notre lieu de culte ou de la personne que nous aimons», a souligné M. Trudeau.

Justin Trudeau et Leo Varadkar ont aussi fait part de leurs engagements en faveur de la lutte contre les changements climatiques, de la diversité sociale et de l’équilibre des sexes au sein des gouvernements.

La prochaine étape du séjour en Europe du premier ministre Trudeau sera une rencontre en Écosse avec la reine Elizabeth II. Il se rendra ensuite en Allemagne pour prendre part au sommet du G20, où l’on s’attend à un bras de fer entre Angela Merkel et Donald Trump au sujet d’enjeux comme l’isolationnisme et le protectionnisme.

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