Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le commandant adjoint des forces d’opérations spéciales du Canada affirme que ses soldats finiront par s’épuiser après trois années en Irak et plusieurs missions moins connues dans d’autres parties du monde.

Le brigadier-général Peter Dawe affirme que c’est pour cette raison que l’annonce de l’ajout de 600 soldats additionnels à la force d’élite est non seulement bienvenue, mais aussi nécessaire.

«La réalité est que nous livrons les effets que le gouvernement juge appropriés, qu’il nous ordonne de livrer», a expliqué M. Dawe en entrevue avec La Presse canadienne.

«Et nous le faisons depuis un bon moment, franchement, sur du temps emprunté. Nous faisons travailler nos gens très fort. Un rythme opérationnel brutal.»

Le projet de faire croître les forces d’opérations spéciales fait partie des nombreuses mesures incluses dans la nouvelle politique de défense du gouvernement libéral, qui s’engage à dépenser plus de 62 milliards $ pour la défense au cours des 20 prochaines années.

Ces investissements sont accueillis à bras ouverts étant donné que l’armée canadienne ne compte actuellement qu’environ 2000 soldats dans les forces spéciales, répartis dans quatre unités: la Deuxième Force opérationnelle interarmées, le Régiment d’opérations spéciales du Canada, un détachement d’hélicoptères et une unité spécialisée dans la réponse aux incidents biologiques, chimiques et nucléaires.

Depuis août 2014, la majeure partie de l’attention des forces spéciales a été tournée vers la mission en Irak, où les Canadiens prêtent main-forte aux forces kurdes, et, plus récemment, à l’armée irakienne, dans la lutte contre Daech (le groupe armé État islamique).

Des soldats très sollicités

Peter Dawe affirme que plusieurs de ses soldats ont déjà effectué de multiples séjours en Irak, un nombre qui ira sans doute en augmentant, puisque le gouvernement a annoncé la semaine dernière que les militaires canadiens demeureraient deux années de plus dans ce pays.

Les forces spéciales ont aussi été appelées à entraîner les forces locales qui doivent lutter contre des menaces extrémistes dans différentes parties de l’Afrique, de l’Asie du Sud-Est et de l’Amérique centrale.

La demande ne semble pas vouloir s’essouffler, compte tenu de la montée de l’extrémisme violent dans différents pays.

«En grande partie, le travail que nous effectuons est dans le domaine du renforcement des capacités», explique M. Dawe.

Les gouvernements occidentaux, dont le Canada, se tournent par ailleurs de plus en plus vers les forces spéciales depuis quelques années pour intervenir dans des conflits à l’étranger sans avoir à déployer des milliers de soldats, comme en Afghanistan.

Peter Dawe estime que ses soldats ont démontré leur professionnalisme et leur prouesse à plusieurs reprises en Irak et ailleurs dans le monde, mais que l’on craint un épuisement des troupes.

Et bien que l’ajout de 600 soldats contribuera grandement à apaiser ces inquiétudes, le nouveau personnel des forces ne peut pas être simplement recruté dans les rues. Les candidats doivent posséder une expérience et des habiletés spécifiques.

«C’est un problème complexe, mais nous sommes certains de pouvoir le résoudre», a assuré Peter Dawe.

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