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QUÉBEC — Le «grand canot» qu’est l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) continue d’avancer malgré la récente vague de démissions au sein de l’organisation, a maintenu une des commissaires, Michèle Audette, en conférence de presse jeudi.

Mme Audette était à Québec pour annoncer les prochaines étapes de l’enquête. Des rencontres préparatoires se tiendront cet été dans neuf villes canadiennes afin de jeter les bases pour les audiences, qui elles s’amorceront le 10 septembre 2017.

«Enfin, on vous annonce quelque chose de positif», a lancé Mme Audette en début d’allocution.

L’équipe se rendra à Thunder Bay (Ontario), Smithers (Colombie-Britannique), Winnipeg (Manitoba), Saskatoon (Saskatchewan), Halifax (Nouvelle-Écosse), Edmonton (Alberta), Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest), Maliotenam (Québec) et Rankin Inlet (Nunavut), à la recherche de «vérité».

Il s’agit d’une première phase. La commissaire Audette a annoncé que d’autres audiences auront lieu en 2018 dans des communautés plus éloignées, notamment au Québec.

Mme Audette a maintes fois affirmé que les Autochtones pouvaient venir témoigner en toute confiance. Mais afin de faciliter la chose, elle a dit avoir retenu des «conseils» formulés par «les familles, les survivantes et les organisations communautaires» notamment lors d’une réunion à Whitehorse le mois dernier.

Entre autres, l’ENFFADA s’engage à respecter les «protocoles» qui existent chez les Premières Nations, c’est-à-dire de ne pas s’imposer chez elles, de respecter leurs approches traditionnelles, d’être à l’écoute d’histoires qui peuvent être racontées à travers des oeuvres d’art, et de laisser les gens s’exprimer dans la langue de leur choix.

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, s’est récemment inquiétée des cinq démissions au sein de l’ENFFADA, dont celle de la directrice Michèle Moreau. «Est-ce que l’équipe est en santé?», avait-elle demandé, en ajoutant que des «problèmes de structure» empêchaient de voir clairement «où on s’en va».

Jeudi, la commissaire Audette s’est faite rassurante. Elle a rappelé que 58 personnes font encore partie de l’équipe et bénéficient actuellement d’un «leadership solide».

«Nous l’avons remarqué, les commissaires, lorsque nous étions à Whitehorse; c’est là où on a ressenti deux choses: il y a une grande pression de la part des leaders d’opinion à travers le Canada, qui incluent aussi des membres des familles, mais il y a des milliers de voix qu’on n’entend pas, de gens qu’on n’entend pas, et lorsque nous étions à Whitehorse, cette majorité silencieuse nous a grandement démontré que ce qu’on fait, on le fait correctement», a-t-elle ajouté.

L’Enquête nationale — qui s’est ouverte le 1er septembre 2016 et est dotée d’un budget de 53,8 millions $ — a comme mission d’explorer les causes systémiques de violence envers les femmes, les filles et les LGBT autochtones au pays, et de trouver une façon d’honorer la mémoire des victimes. Leur nombre pourrait s’élever à 4000, selon les militants de la cause.

Elle entendra aussi des groupes d’experts dans les prochains mois. Un premier panel de discussions se tiendra à Winnipeg durant la semaine du 21 août et aura pour thème «Lois autochtones et décolonisation». Le second aura lieu à Montréal pendant la semaine du 2 octobre et abordera la question des droits de la personne.

L’équipe de Mme Audette doit déposer un rapport préliminaire à l’automne 2017. Le document final est attendu à l’automne 2018.

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