OTTAWA — Le marché canadien de l’emploi a surpassé les attentes une fois de plus, en juin, ce qui pourrait avoir convaincu les plus sceptiques que la Banque du Canada choisira de hausser son taux d’intérêt directeur la semaine prochaine.

La publication des plus récentes données sur l’emploi survient alors que les rumeurs s’intensifient depuis plusieurs jours quant aux intentions de la banque centrale, qui donnait l’impression, dans ses dernières déclarations, d’être prête à resserrer sa politique monétaire plus tôt que tard.

La grande majorité des 45 300 emplois créés le mois dernier étaient des emplois à temps partiel, même si le nombre d’emplois à temps plein a aussi progressé, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Les nouveaux chiffres, qui viennent s’ajouter à une série de gains dans l’emploi dans la dernière année, ont fait reculer le taux de chômage à 6,5 pour cent, alors qu’il était de 6,6 pour cent en mai.

Le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, a fait, ces dernières semaines, des déclarations de plus en plus positives au sujet de la santé de l’économie canadienne.

Avant la publication du rapport de vendredi, plusieurs analystes prédisaient déjà une hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada lors de sa prochaine rencontre à ce sujet, mercredi prochain. Une hausse du taux directeur, qui se situe actuellement à 0,5 pour cent, serait la première en sept ans.

Pour au moins un analyste, les données de vendredi représentent un tournant.

«Nous avions maintenu notre prévision voulant que la Banque du Canada hausse ses taux en octobre, mais nous admettons maintenant que cela ne sera vraisemblablement pas le cas. Les chiffres d’aujourd’hui sur l’emploi achèveront de convaincre la banque centrale de hausser ses taux la prochaine semaine», observe l’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, dans une note à ses clients.

«En bref, le marché de l’emploi se resserre et nous ne sommes plus bien loin de ce qui est historiquement considéré comme le plein emploi. À vous de jouer, gouverneur Poloz.»

L’économiste principal Jimmy Jean, de Desjardins, souligne que le gain de juin dans l’emploi était la septième augmentation mensuelle consécutive — et la dixième en onze mois.

M. Jean prédit que la banque centrale majorera son taux la semaine prochaine, puis une autre fois en octobre, pour renverser les deux réductions opérées en 2015.

Le mois dernier, M. Poloz a expliqué que les baisses de taux de 2015 avaient effectué leur travail — protéger l’économie canadienne des contrecoups du plongeon des prix du pétrole brut entamé à la fin 2014.

Maintenant, il serait «stupéfiant» que M. Poloz ne hausse pas les taux, croit M. Jean. Le rôle de la banque centrale est de rester assez prévisible, ajoute l’économiste.

«Si ce principe de prévisibilité et de bonne communication devait être enfreint, cela instillerait un doute dans l’esprit du marché, qui ne se fierait plus aux futures déclarations (de la banque)», estime M. Jean. «Cela deviendrait, certainement, un précédent assez néfaste, alors je ne crois pas que M. Poloz veuille jouer à ce jeu.»

Le rapport mensuel sur la population active est considéré par les marchés comme une information clé au sujet de la santé de l’économie dans son ensemble.

Par rapport à l’an dernier, 350 800 personnes de plus détenaient un emploi en juin, a précisé Statistique Canada, une hausse de 1,9 pour cent. De ces nouveaux emplois, 248 200 étaient à temps plein.

Selon l’enquête de Statistique Canada, quelque 37 100 emplois à temps partiel ont été créés le mois dernier, tandis que les autres étaient à temps plein. Quelque 77 000 emplois à temps plein avaient vu le jour en mai.

Le nombre d’employés du secteur privé a grimpé de 17 800 en juin, tandis que celui du secteur public a avancé de 6000.

Les gains étaient surtout concentrés dans les provinces du Québec et de la Colombie-Britannique. Les employeurs québécois ont créé 28 300 emplois et le taux de chômage de la province est resté stable à 6,0 pour cent — son plus faible niveau depuis 1976. Par rapport au mois de juin de l’an dernier, le nombre d’emplois au Québec a progressé de 121 700 emplois, soit trois pour cent.

L’Alberta, la province la plus touchée par le plongeon des prix du pétrole, a vu la création de 7500 postes le mois dernier et son taux de chômage a retraité à 7,4 pour cent, par rapport à 7,8 pour cent en mai.

À travers le pays, tant le secteur des services que celui des biens ont enregistré une hausse de l’emploi. Le secteur des biens a gagné 16 000 emplois, surtout en agriculture, tandis que celui des services a accueilli 29 200 nouveaux travailleurs, grâce à une forte activité d’embauche dans les services professionnels, scientifiques et techniques.

Les salaires horaires pour tous les employés ont grimpé de 1,3 pour cent d’une année à l’autre, une croissance identique à celle observée en mai, a précisé l’agence fédérale. Le nombre d’heures travaillées a progressé de 1,4 pour cent le mois dernier, alors que sa croissance avait été de 0,7 pour cent en mai, a-t-elle ajouté.

Les économistes misaient en moyenne sur la création de 10 000 emplois en juin et sur un taux de chômage stable à 6,6 pour cent, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

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