Colin Perkel Colin Perkel / La Presse Canadienne

TORONTO — Alors qu’il est pris au milieu d’une controverse d’une rare intensité au Canada, l’ancien prisonnier de Guantanamo Bay, Omar Khadr, dit espérer des jours meilleurs, lorsque tout cela sera réglé et qu’il pourra devenir quelqu’un que l’on ne regarde pas avec insistance dans la rue.

Pour Omar Khadr, le règlement de son litige de longue date avec le Canada sur la violation de ses droits ne consiste pas à renier son sombre passé.

«Écoutez, je veux être dans une position où je ne suis pas impliqué dans d’autres affaires judiciaires, où je n’ai pas de temps de prison. Je veux être une personne normale qui ne doit pas s’inquiéter d’aller en cour», a-t-il confié à La Presse canadienne.

«Espérons qu’éventuellement, ça arrivera.»

M. Khadr ne se fait pas d’illusion sur la colère que certains éprouvent à l’idée que le gouvernement fédéral lui ait versé des millions de dollars pour régler son cas, ou sur la façon dont les gens le perçoivent.

«Je ne suis pas un terroriste endurci résolu à faire quoi que ce soit, mais ils n’ont pas à croire ce que je dis. Regardez mes actions», a-t-il dit jeudi, un jour avant que le gouvernement ne lui présente des excuses.

«Ça a été difficile de trouver des emplois. Ce qui est bien avec ces excuses, pour moi, c’est que ça rétablira un peu ma réputation ici, au Canada», a-t-il ajouté.

À la colline du Parlement, le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale n’a pas mâché ses mots en parlant du rôle du Canada dans le mauvais traitement de M. Khadr après qu’il fut capturé à 15 ans, en Afghanistan, alors qu’il était gravement blessé.

«Le règlement annoncé aujourd’hui concerne les actes répréhensibles perpétrés par des responsables canadiens à un citoyen canadien. Vous avez seulement à regarder deux jugements très exhaustifs de la Cour suprême du Canada», a déclaré M. Goodale.

Ces jugements sont liés à la participation de deux représentants des renseignements canadiens qui se sont rendus à Guantanamo Bay pour interroger M. Khadr, que les Américains avaient soumis à de la privation de sommeil afin d’obtenir des renseignements.

M. Khadr, maintenant âgé de 30 ans, a insisté pour dire qu’il ne tente pas de renier ou d’excuser son passé. Son plus grand souhait, dit-il, est de devenir un bon citoyen canadien à l’ombre du public. Ce règlement fait partie de cette quête, a-t-il indiqué.

«Je veux juste être une personne sur la rue qu’on ne regarde pas deux fois. Je veux travailler comme infirmier quelque part…pour enlever la douleur aux gens. J’ai beaucoup d’expérience avec la douleur», a-t-il raconté.

Bien que ni M. Goodale, ni M. Khadr, n’aient voulu aborder la question du montant en question, plusieurs se sont révoltés qu’il reçoive des millions de dollars du gouvernement canadien, et certains l’ont encouragé à donner l’argent à la famille de Chris Speer, le soldat américain que M. Khadr était accusé d’avoir tué.

Mais M. Khadr souligne qu’il ne voit pas cela comme une façon de «profiter» du système. «Ce n’est pas un moment de profiter ou de se dire: « J’ai gagné le gros lot »», a-t-il dit doucement, les sourcils froncés.

«Je suis désolé si cela cause de la douleur aux gens. Je tente de tourner la page. Je n’essaie pas d’oublier cette page, mais j’essaie de tourner la page et d’avancer», a-t-il expliqué.

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