WASHINGTON — L’opération de charme du Canada en vue de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) se jouera sur une autre tribune avant l’ouverture officielle des discussions, alors que le premier ministre Justin Trudeau prendra part à une réunion d’une trentaine de gouverneurs américains, la semaine prochaine.

M. Trudeau prendra la parole devant plus de 30 gouverneurs d’États américains à la rencontre estivale de la National Governors Association, dans le Rhode Island. On s’attend en outre à ce que le premier ministre canadien participe à d’autres événements plus informels, tels que des forums de discussions.

La rencontre, qui s’échelonnera sur trois jours, comportera deux thèmes : la technologie et le commerce. Ce second axe correspond tout particulièrement aux intérêts immédiats du gouvernement canadien.

L’événement annuel devrait avoir lieu quelques jours seulement avant que l’administration de Donald Trump ne publie ses positions de négociation en vue d’un nouvel ALÉNA — une déclaration publique requise en vertu d’un accord avec le Congrès.

Une fois cette étape passée, les négociations doivent débuter environ un mois plus tard entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Le président de la National Governors Association et gouverneur de la Virginie, Terry McAuliffe, s’est dit emballé d’accueillir le premier ministre Trudeau à la rencontre estivale de l’organisation.

«Je sais que mes collègues gouverneurs seront d’accord sur le fait que notre relation avec le Canada est essentielle pour nos États sur des enjeux clés tels que le commerce, le tourisme, l’énergie et plusieurs autres», a-t-il ajouté.

Le bureau du premier ministre a confirmé, vendredi, par communiqué, que M. Trudeau entend livrer «le discours principal» de la réunion à Providence, dans le Rhode Island, le 14 juillet.

«Aucune relation internationale n’est plus étroite que celle qui existe entre le Canada et les États-Unis, soutient M. Trudeau dans ce communiqué.

«Des chaînes logistiques toujours plus intégrées rapprochent nos économies, créant des emplois et de la prospérité tant pour les Canadiens que pour les Américains.»

Le but de cette participation de M. Trudeau n’est pas de contourner l’administration de Donald Trump qui se montre sceptique en matière de commerce, ont insisté des responsables canadiens. C’est ce que suggérait un article récent du «New York Times» intitulé «Canada’s Trump Strategy: Go Around Him» («La stratégie du Canada à l’égard de Trump: Le contourner»).

L’un de ces responsables a fait valoir que M. Trudeau a déjà parlé neuf ou dix fois avec le président Trump, ajoutant qu’il le fera sans doute également dans le cadre du sommet du G20.

Des responsables de l’administration de Donald Trump seront en outre présents à l’événement, a-t-on indiqué.

Par ailleurs, tant M. Trump que son vice-président, Mike Pence, ont été invités, mais aucun d’eux n’ont indiqué s’ils allaient se présenter.

Du point de vue du Canada, le but précis de cette rencontre est de bâtir des liens avec des États importants sur les plans commercial et politique, dans l’optique de faire avancer les pourparlers sur l’ALÉNA.

Parmi ces États, on retrouve le Michigan, l’Indiana, la Caroline du Nord et la Pennsylvanie, qui sont tous des États dont une majorité d’électeurs ont voté pour Barack Obama, mais qui ont aidé Donald Trump à l’emporter aux dernières élections.

La gouverneure du Rhode Island, Gina Raimondo, espère quant à elle que la réunion, dont son État est l’hôte, sera l’occasion pour tous les dirigeants présents d’affirmer collectivement leur engagement envers la lutte aux changements climatiques selon les normes contenues dans l’accord de Paris.

— Avec les informations de l’Associated Press

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