DARRYL DYCK DARRYL DYCK / La Presse Canadienne

VANCOUVER — La Colombie-Britannique, qui connaît une intense saison d’incendies de forêt cet été, est peut-être ironiquement «victime» des succès qu’elle obtient depuis une centaine d’années pour prévenir de telles catastrophes naturelles, croit une experte.

Lori Daniels, professeure agrégée d’écologie forestière à l’Université de la Colombie-Britannique, explique que les efforts déployés pour prévenir les incendies ont donné au fil du temps des forêts très denses, mais qui abritent aussi beaucoup de bois mort au sol. Avec le temps chaud et sec de cet été en Colombie-Britannique, couplé avec les aléas de la foudre ou de la négligence humaine, les incendies deviennent donc beaucoup plus importants et rapides, soutient la professeure Daniels.

La province a déclaré l’état d’urgence vendredi dernier alors qu’on signalait quelque 140 nouveaux incendies de forêt; dimanche, les sapeurs combattaient 220 incendies.

La professeure Daniels souligne que depuis une dizaine d’années, le temps chaud et sec en Colombie-Britannique débute souvent plus tôt au cours de l’été — dès le début de juillet. Le dernier état d’urgence remonte à 2003, mais même à cette époque, l’indice de danger d’incendie atteignait son maximum en août seulement, note-t-elle. Cette année, au 10 juillet déjà, les deux tiers sud de la province affichent des indices «très élevés» ou «extrêmes».

La professeure Daniels précise aussi qu’un insecte, le dendroctone du pin argenté, a favorisé la production de beaucoup de bois mort au sol, ce qui alimente les brasiers. La province devrait d’ailleurs s’atteler à ramasser tout ce bois mort, selon elle.

Mme Daniels reconnaît par ailleurs qu’il est difficile de montrer du doigt de façon absolue les changements climatiques, mais elle admet tout de même que les tendances actuelles correspondent aux prévisions formulées il y a 20 ans. Et elle croit que si les prévisions s’avèrent, des conditions qualifiées d’«extrêmes» aujourd’hui deviendront peut-être «moyennes» à l’avenir. Ce qui n’a rien de rassurant, avoue-t-elle.

Kevin Skrepnek, de la société de protection des forêts contre le feu de Colombie-Britannique, confirme lui aussi que le nombre et l’intensité des incendies cette année sont inhabituels pour un début de juillet — alors que la «saison officielle» commence en général à la fin de juillet ou au mois d’août.

La province a d’ailleurs dépensé déjà 46 millions $ d’un budget de 63 millions $ prévu cette année pour lutter contre les incendies de forêt.

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