ÎLE CAMPOBELLO, N.-B. — Une petite communauté insulaire du Nouveau-Brunswick était en deuil, mardi, après la mort d’un pêcheur tué accidentellement par une baleine noire qu’il venait de libérer d’un filet de pêche dans lequel elle était empêtrée.

Le drame s’est produit lundi dans le golfe du Saint-Laurent au large de Shippagan, dans la Péninsule acadienne.

Mackie Green, de l’Équipe de sauvetage des baleines de Campobello, a expliqué que son confrère se trouvait à bord d’un navire d’intervention rapide de Pêches et Océans Canada pour participer à une opération de secours consistant à couper les câbles dans lesquels la baleine noire de l’Atlantique Nord était coincée.

M. Green n’était pas sur le bateau avec lui, mais il s’est fait dire que l’homme de 59 ans avait été heurté par la baleine qui venait tout juste d’être libérée et qui s’apprêtait à repartir au large.

«Ils l’avaient complètement dépêtrée et ensuite, quelque chose d’étrange est arrivé et la baleine a fait un gros saut», a expliqué M. Green, qui contribue à secourir des baleines avec M. Howlett depuis 2002.

«Joe ne voudrait sûrement pas qu’on arrête à cause de cela. C’est quelque chose qu’il aimait et il n’y a pas un meilleur sentiment que de libérer une baleine, et je sais à quel point il se sentait bien après avoir libéré cette baleine», a-t-il ajouté.

MM. Howlett et Green avaient fondé ensemble l’Équipe de sauvetage des baleines de Campobello en 2002. Joe Howlett avait contribué à secourir une vingtaine de baleines au cours des 15 dernières années.

Une opération risquée

Les circonstances de sa mort ont été confirmées par Pêches et Océans Canada.

«La participation à de telles opérations de sauvetage exige énormément de courage et de passion pour la préservation du bien-être des mammifères marins», a écrit le ministre Dominic LeBlanc dans un communiqué.

Le ministre a souligné que toute opération visant à secourir une baleine implique «de sérieux risques». «Chaque situation est unique et ces baleines peuvent s’avérer imprévisibles», a-t-il expliqué.

«Nous venons de perdre un membre irremplaçable de la communauté de sauvetage des baleines. La perte de son expertise et son dévouement laisseront un vide inestimable.»

Quelques jours plus tôt, M. Howlett avait participé à une autre expédition dans le même secteur qui avait permis de libérer une baleine noire de l’Atlantique Nord empêtrée dans un filet de pêche, a relaté Jerry Conway, de l’Institut canadien des baleines de Campobello.

M. Conway a affirmé qu’il s’agissait d’une grande perte pour la communauté des pêcheurs et des scientifiques qui travaillent à aider les baleines piégées dans des filets ou qui ont percuté des bateaux — deux des plus grandes menaces touchant les baleines noires de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition.

«C’était un pêcheur très compétent. Qui de mieux qu’un pêcheur pour démêler les filets? Il connaissait les noeuds, les cordes, l’équipement», a-t-il indiqué.

Il n’était pas en mesure de raconter précisément les circonstances de la mort de M. Howlett, mais il a affirmé que dans ce genre d’opération, les pêcheurs ne vont jamais dans l’eau pour libérer les baleines. Ils utilisent généralement un bateau bas, au niveau de l’eau, et se servent d’équipements spéciaux pour couper les filets.

M. Howlett était originaire de Chester, en Nouvelle-Écosse, mais il s’était installé à l’île Campobello il y a plusieurs années. Il était marié et père de deux fils d’âge adulte.

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