Sean Kilpatrick | La Presse Canadienne

OTTAWA — Le Canada insistera pour qu’une version renégociée de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) comprenne un mécanisme de règlement des litiges qui sera «juste et équitable», a affirmé mardi Justin Trudeau.

À moins d’un mois du début des pourparlers, le premier ministre a voulu «rassurer» les Canadiens à ce sujet, disant toutefois ne pas vouloir «négocier sur la place publique ni négocier avant que les négociations officielles commencent».

Il n’a pas voulu dire si le Canada pourrait carrément claquer la porte si l’administration Trump se montrait inflexible dans sa volonté d’éliminer le système de règlement des litiges (le chapitre 19 de l’actuel traité), comme l’a rapporté mardi le Globe and Mail.

S’il n’est pas allé jusqu’à dire qu’il s’agirait là d’une ligne dans le sable que tracerait le gouvernement canadien, Justin Trudeau a malgré tout plaidé qu’«un mécanisme de résolution des différends juste et équitable est extrêmement important pour le Canada».

«Ça faisait partie de notre approche avec l’AECG avec l’Europe, c’était au coeur des premières négociations par rapport à l’ALÉNA», a-t-il dit en conférence de presse au parlement à l’issue d’un entretien avec le nouveau premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan.

Sans offrir de commentaire spécifiquement sur la tactique évoquée dans l’article du quotidien torontois, il a signalé que le Canada allait «toujours s’assurer qu’il y ait un mécanisme équitable et juste de résolution des différends dans tout ce qu’on va signer pour améliorer l’ALÉNA».

Le chapitre 19 du traité commercial revêt une importance significative pour le Canada — c’est grâce à ses dispositions qu’Ottawa a eu gain de cause dans le conflit du bois d’oeuvre dans le passé, et une nouvelle guerre commerciale dans ce secteur est présentement en cours.

Au bureau de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, on n’a pas non plus voulu réagir aux informations du Globe and Mail. Son attaché de presse, Adam Austen, a dit ne pas avoir l’intention de commenter les propos d’une «source anonyme» qui sont relayés dans l’article.

La ministre Freeland, cette ancienne journaliste spécialisée en économie à qui le premier ministre Justin Trudeau a confié le rôle de gardienne de l’ALÉNA, doit comparaître devant le comité du commerce international le 14 août afin de discuter des priorités du Canada pour ces négociations.

Selon une source gouvernementale, ce sera davantage l’occasion de «clarifier nos objectifs quant à la modernisation» du traité commercial plutôt que de présenter les positions du Canada aussi précisément que l’on fait les États-Unis.

La première ronde de négociations se tiendra du 16 au 20 août prochain à Washington.

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