Reed Saxon / The Associated Press

FREDERICTON — La semaine d’audiences publiques sur la légalisation de la marijuana au Nouveau-Brunswick s’est conclue vendredi, avec une absence de consensus et beaucoup de questions demeurant sans réponses.

Le président du comité gouvernemental responsable des consultations, Benoit Bourque, affirme que les participants étaient divisés quant à l’âge à partir duquel on pourrait se procurer du cannabis — et où on pourrait le faire.

M. Bourque précise qu’un consensus ne s’est pas plus dégagé des débats sur le contrôle des conducteurs et des travailleurs intoxiqués. Il juge toutefois «normal» que certaines questions demeurent à ce stade sans réponses.

Les dix provinces canadiennes tâchent de formuler un cadre réglementaire d’ici juillet 2018, moment auquel Ottawa s’est engagé à légaliser la possession et la consommation de marijuana à des fins récréatives.

La Société médicale du Nouveau-Brunswick réclame que l’âge minimal pour consommer la drogue soit établi à 25 ans, mais elle se résignerait à un seuil de 21 ans. Sa présidente, Lynn Murphy-Kaulbeck, estime que l’âge minimal pour le tabac et l’alcool, actuellement fixé à 19 ans, doit être élevé à ce même niveau.

D’autres intervenants, comme l’Association des travailleurs sociaux du Nouveau-Brunswick, militent plutôt en faveur d’un âge minimal de 19 ans.

«Si les jeunes vont dans le marché noir dans la rue pour obtenir du cannabis, on ne sait pas ce qu’ils fument. Ça pourrait en fait être encore plus nocif», argue le directeur général de l’Association, Miguel LeBlanc.

Emily Leaman, de l’Association canadienne de santé publique du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard, prend également position pour un âge minimal de 19 ans. Elle fait aussi valoir que la vente de cannabis en magasin devrait être strictement encadrée.

«Nous recommandons que le produit ne soit pas vendu dans des locaux partagés avec des pharmacies ou avec des endroits qui vendent actuellement de l’alcool ou du tabac. Ces locaux ne doivent pas être situés près d’un endroit où on pourrait trouver des enfants et des mineurs», a-t-elle avancé devant le comité.

Du côté du producteur Zenabis LP, le consultant Moe Sihota espère que la marijuana médicale sera distribuée par l’entremise des pharmacies et la marijuana récréative, du secteur privé.

Le mois dernier, un groupe de travail formé par le gouvernement provincial a recommandé une formule similaire à une société d’État pour la distribution.

Le vétéran Laurie Manzer, qui consomme lui-même de la marijuana médicale, espère qu’elle ne sera pas en vente dans les magasins d’alcools que gère le gouvernement.

«Je sais que beaucoup de mes amis ont des problèmes de dépendance à l’alcool et à d’autres drogues et ils utilisent la consommation de cannabis comme thérapie pour atténuer cette dépendance. Ce n’est pas bon pour ces personnes d’entrer dans un magasin d’alcool et de devoir acheter leur médicament», a-t-il témoigné.

Il insiste sur l’importance de réguler la marijuana médicale et récréative de manière distincte. Il craint que la forte demande pour cette dernière ne limite l’offre pour ceux qui en font un usage médical.

Le président de Travail sécuritaire NB, Tim Petersen, souligne pour sa part que les employeurs ont la responsabilité de fournir un environnement de travail sécuritaire et que les employés devront quant à eux signaler s’ils ne sont pas en mesure d’effectuer leurs tâches.

«Tous les gens qui travaillent là-dessus ont découvert qu’essayer de déterminer par des tests à quel point les facultés sont affaiblies est très difficile. Ça pourrait être le plus gros défi auquel nous devrions faire face», a-t-il prévenu.

Les autorités municipales de Fredericton craignent pour leur part qu’il revienne aux municipalités de tenir les conducteurs intoxiqués à l’oeil.

Le comité ne formulera aucune recommandation: il résumera les interventions dans un rapport qu’il présentera au gouvernement provincial d’ici septembre.

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