Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Quarante et un ans après avoir été le théâtre des Jeux olympiques de 1976, le Stade olympique de Montréal a de nouveau ouvert ses portes au monde.

Le stade, qui a plutôt l’habitude d’accueillir des événements sportifs et des salons professionnels, s’est transformé en refuge temporaire pour des demandeurs d’asile qui affluent par centaines à la frontière entre le Québec et l’État de New York.

D’ici septembre, jusqu’à 600 nouveaux arrivants dormiront sur les lits de camp installés dans une aire commune dépourvue de fenêtres, où les partisans des Expos de Montréal défilaient en se rendant vers les gradins, au-dessus du champ gauche.

Les lits, la literie et les articles de toilette de base sont fournis par la Croix-Rouge, tandis qu’un service du ministère québécois de la Santé se charge de répondre aux besoins au jour le jour des migrants.

«Ils ont tout ce dont ils ont besoin — un toit, ils ont de la nourriture, ils ont des douches, ils ont des draps, ils ont des lits, ils ont une infirmerie, ils ont du Wi-Fi», a exposé Cédric Essiminy, le porte-parole du stade.

«C’est rudimentaire — ce n’est pas du luxe —, mais c’est fonctionnel.»

Les autorités se démènent pour gérer le flot de demandeurs du statut de réfugié, qui a triplé dans les deux dernières semaines, passant de 50 à 150 par jour.

Ils sont pour la plupart des Haïtiens qui craignent d’être renvoyés vers leur terre natale si l’administration de Donald Trump met fin à un programme qui leur avait accordé un soi-disant «statut temporaire protégé» dans la foulée du séisme ayant frappé la perle des Antilles en 2010.

Emmanuelle Paciullo, porte-parole du centre de santé et de services sociaux qui gère le site, rapporte que le stade olympique héberge actuellement quelque 500 demandeurs d’asile.

Bien que des infirmiers et des travailleurs sociaux se trouvent sur place pour répondre aux besoins de santé urgents, l’installation demeure de base et ne devrait servir qu’à court terme, a-t-elle ajouté.

Mme Paciullo précise que les migrants se trouveront un logis plus permanent une fois qu’ils auront perçu leurs premiers chèques d’aide financière.

Même si le Stade olympique ne constitue que l’un des nombreux sites récemment convertis en refuge, il est certainement le plus illustre.

Effondrement de dalles de béton, milliers de déchirures au toit et dépassement des coûts: le stade a prêté le flanc à la critique depuis que ses nombreux problèmes structurels ont été exposés. Les Montréalais ont difficilement digéré sa facture d’un milliard de dollars — qu’ils ont d’ailleurs mis trois décennies à payer.

Le stade s’est toutefois construit un portfolio diversifié, accueillant des personnalités et événements allant d’un spectacle des Rolling Stones à la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF, en passant par le pape Jean-Paul II.

Pink Floyd et U2 y sont montés sur scène, de même que Céline Dion et One Direction.

Il y a bientôt sept ans, 50 000 personnes y ont convergé pour une messe, à l’occasion de la canonisation du frère André.

Le grand écran l’a également mis à profit en tant que site de tournage, et sa tour accueillera dès l’automne les bureaux de centaines d’employés du Mouvement Desjardins.

Il ne s’agit même pas de la première fois que le stade est converti en refuge.

En 1998, on l’avait aménagé pour les résidants contraints d’abandonner leur foyer lors de la crise du verglas, mais le courant avait finalement été rétabli avant qu’on y ait recours.

Puis, en 2009, une clinique de vaccination avait élu domicile dans l’enceinte lors de la pandémie de H1N1.

«La force du stade est qu’il est capable de se transformer selon les besoins des gens de la ville, et ceci en est un excellent exemple», a souligné M. Essiminy.

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