U.S. Trade Representative Press Office John Melle

WASHINGTON — Bien que le président américain décrie l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) comme un désastre éliminant des emplois aux États-Unis qu’il faudrait possiblement déchirer, l’homme qui dirigera l’équipe américaine de négociations à l’occasion du début des discussions cette semaine a été un grand défenseur de l’ALÉNA par le passé.

Le négociateur en chef John Melle a fait carrière dans la fonction publique et est à l’opposé de Donald Trump sous de multiples aspects: son attention aux détails, sa connaissance encyclopédique du Canada et du Mexique, son sens de l’humour pince-sans-rire et un vocabulaire de travail qui évite les notions simplistes du bien et du mal.

La vision de M. Melle, selon des amis, est que personne n’est un saint en ce qui a trait au libre-échange: chacun pèche en quelque sorte par protectionnisme, et, si les intérêts mutuels s’alignent, les parties risquent fort de s’entendre pour conclure un accord.

M. Melle a déjà salué l’accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique devant le Congrès américain. Lors d’une audience au Sénat à l’occasion du 12e anniversaire de l’ALÉNA, en 2006, il avait soutenu que les partenaires de l’accord étaient «non seulement de meilleurs clients les uns pour les autres, mais aussi de meilleurs voisins, des partenaires plus investis et des collègues plus efficaces».

Parmi les avancées aux États-Unis depuis la conclusion de l’ALÉNA, M. Melle avait souligné une chute du taux de chômage — de 7,1 pour cent dans la dizaine d’années ayant précédé l’accord, à 5,1 pour cent dans les années ayant suivi —, un taux de croissance quasiment multiplié par deux de la production industrielle aux États-Unis et même une multiplication par cinq de la croissance de la production manufacturière.

Une amie canadienne, Laura Dawson, a dit croire que les deux pays sont chanceux de pouvoir compter sur M. Melle à la table pour les négociations — dont la première ronde s’amorce mercredi à Washington.

La directrice du Canada Institute au Wilson Center de Washington a fait valoir que le négociateur en chef était en quelque sorte une encyclopédie vivante du commerce.

«Je travaille dans le commerce depuis 20 ans. Sur une question comme le bois d’oeuvre, lorsque je m’interroge « Comment cela fonctionne? Et qu’est-ce qui arrive à ce moment?», il peut remonter dans tous les détails et expliquer comment une chose ou l’autre fonctionne, et pourquoi. Tout simplement un puits de connaissances», a-t-elle affirmé.

Robert Holleyman, un ancien représentant adjoint au Commerce aux États-Unis, a affirmé que l’expérience du négociateur en chef lui donne espoir que les pays pourraient réaliser une mission autrement impossible: conclure une négociation commerciale en seulement quelques mois, avant des élections au Mexique.

Chris Sands, un analyste du paysage canadien à l’Université Johns Hopkins, a dit par ailleurs que M. Melle n’hésiterait pas à être dur envers les Canadiens.

M. Sands a dit croire que M. Melle perçoit tous les pays coupables d’hypocrisie sur le commerce — prêchant l’ouverture, tout en pratiquant le protectionnisme. Cela inclut le Canada, concernant les mesures sur les importations sur les produits laitiers, les télécommunications, les banques et l’alcool.

«Il est cynique en quelque sorte sur ce genre de choses — je crois, avec raison», a-t-il fait valoir.

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