Collaboration spéciale/STM La circulation des autobus sur Henri-Bourassa sera facilitée à partir de juillet.

MONTRÉAL — Les réseaux de transport en commun au Québec constituent la plus récente cible dans le débat politique sur la religion et l’identité.

La Société de transport de Montréal (STM) et les syndicats représentant les chauffeurs d’autobus et de métro n’ont pas voulu commenter jeudi les conjectures selon lesquelles une femme musulmane portant le niqab ou la burqa pourrait se voir empêcher d’utiliser les transports en commun.

La ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, ne s’est pas prononcée clairement sur cet aspect depuis la présentation, mardi, d’amendements au projet de loi 62 devant établir des lignes directrices pour les accommodements religieux.

La pièce législative — présentée une première fois en 2015 — vise à inscrire dans la loi l’obligation de recevoir ou de fournir des services publics à visage découvert.

Les amendements présentés mardi incluent une formulation claire disant que les municipalités et les réseaux de transports en commun sont assujettis au projet de loi sur la neutralité religieuse.

Mme Vallée s’est fait reprocher d’être évasive sur les détails des amendements et sur la manière avec laquelle ils seraient appliqués. La ministre s’est fait demander à répétition durant des entrevues à la radio cette semaine si un chauffeur d’autobus pourrait refuser l’accès à une femme portant le niqab ou la burqa.

«L’objectif du projet de loi n’est pas d’empêcher les gens de prendre l’autobus», a dit Mme Vallée, sans répondre directement aux questions.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a décrié les amendements proposés, disant que le gouvernement provincial n’a pas le droit de dire à la Ville comment ses employés devraient se vêtir.

M. Coderre s’est aussi demandé si une femme portant un voile islamique couvrant le visage pourrait être en mesure d’utiliser les transports en commun.

La STM a indiqué qu’il était «prématuré» de discuter du projet de loi du gouvernement, et que l’organisation consulterait la Ville sur cet enjeu.

Bruce Hicks, professeur de science politique à l’Université Concordia, à Montréal, a laissé entendre en entrevue que les libéraux pourraient vouloir faire des «remous» pour distraire l’opposition avant les élections générales de 2018.

«Le fait que (Mme Vallée) a été ambiguë laisse croire que peut-être ils envoient simplement un ballon d’essai pour faire parler les gens», a dit M. Hicks.

Le professeur de science politique a souligné que Mme Vallée avait déposé le projet de loi en 2015, et que si son adoption avait été une priorité pour le gouvernement, cela aurait pu survenir beaucoup plus tôt.

M. Hicks a dit croire que les libéraux avaient un avantage politique à donner l’impression que l’opposition est intolérante à l’égard des musulmans ou obsédée par les questions d’identité.

Le coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec), Haroun Bouazzi, n’a pas voulu s’avancer à commenter les intentions du gouvernement.

M. Bouazzi a affirmé que les libéraux auraient pu régler cette question il y a plusieurs années en adoptant une loi sur les accommodements religieux.

«Il semble qu’ils ne sont pas conscients des conséquences de ce qu’ils proposent», a-t-il affirmé.

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