Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau participera à une rencontre du groupe de travail fédéral-provincial chargé de gérer l’arrivée de demandeurs d’asile à la frontière canadienne, qui se déroulera mercredi à Montréal.

Même si le nombre de personnes qui franchissent la frontière de façon irrégulière semble diminuer depuis quelques jours, les autorités doivent tout de même composer avec un volume important de demandes de statut de réfugié.

En visite à Saint-Bernard-de-Lacolle, lundi, le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen, indiquait que le nombre d’entrées était passé de 250 par jour la semaine dernière à environ 140 en moyenne cette semaine. Le camp d’hébergement de Lacolle, d’une capacité de 1200 personnes, comptait environ 600 résidants temporaires lundi.

Plus de 6000 personnes ont franchi illégalement la frontière du Québec depuis le mois de juillet. La vaste majorité de ces demandeurs d’asile sont des Haïtiens qui craignent d’être expulsés des États-Unis par l’administration de Donald Trump. Ces Haïtiens avaient obtenu de Barack Obama un «statut de protection temporaire» à la suite du tremblement de terre dévastateur de 2010 dans leur pays.

Mais ils ne sont pas les seuls à être touchés par ce changement de politique: les statuts de protection temporaire des ressortissants de neuf autres pays expireront dans les prochains mois et il n’y a aucune garantie que les États-Unis les renouvelleront.

Le ministre Hussen est conscient que des ressortissants d’autres pays se tourneront encore vers le Canada pour trouver refuge, mais il soutient que son gouvernement serait tout à fait capable de réagir rapidement à une nouvelle vague de demandeurs d’asile.

Le Canada ne sait pas si, oui ou non, ces statuts seront prolongés, a souligné le ministre en entrevue.

«Chaque pays a le droit souverain de décider qui vient dans le pays, qui reste et qui est déporté, et les États-Unis ne font pas exception», a-t-il déclaré.

«Mais nous serons vigoureux. Nous serons proactifs.»

Le gouvernement libéral se fait reprocher son inaction par l’opposition conservatrice, qui juge que le gouvernement est tout sauf proactif face à cette situation.

Fausses informations

Bien que les changements du côté des États-Unis puissent pousser certains Haïtiens à rejoindre le Canada, certains semblent avoir été motivés par de fausses informations selon lesquelles le gouvernement canadien leur accorderait un statut spécial.

M. Hussen estime qu’il serait injuste de dire que le gouvernement n’a rien fait pour contrer ces rumeurs.

Il a rappelé que ses collègues et lui répètent depuis des mois que les personnes qui franchissent illégalement la frontière n’ont aucune garantie d’être acceptés comme réfugiés.

C’est toutefois seulement la semaine dernière que les consulats canadiens ont commencé à s’impliquer pour démentir certaines informations sur le système d’immigration au Canada.

Mercredi, le député libéral Emmanuel Dubourg se rendra à Miami pour parler directement à la diaspora haïtienne. L’élu montréalais est d’origine haïtienne et parle couramment le créole.

Justin Trudeau doit aussi rencontrer les dirigeants de la communauté haïtienne, mercredi, à Montréal.

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