Québec s’attaque à l’écart de rémunération entre les médecins omnipraticiens et leurs collègues spécialistes.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a fait savoir mardi qu’il y avait lieu d’aborder cet enjeu.

Les médecins omnipraticiens gagnent en moyenne près de 250 000 $ par an, tandis que les spécialistes touchent plus de 400 000 $ par an en moyenne.

La Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) avait réclamé une hausse de la rémunération de ses membres l’hiver dernier pour réduire l’écart, mais M. Barrette y avait vu une tactique de négociation, tandis que le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré qu’il y avait d’autres priorités en matière de santé.

«C’est un gouvernement seulement qui peut régler ce problème-là et nous acquiesçons, nous avons choisi de nous attarder à cette problématique et nous allons prendre des décisions», a toutefois dit M. Barrette dans un discours au congrès de l’Association médicale canadienne à Québec en matinée mardi.

Dans un point de presse peu après, le ministre a indiqué que la disparité existera toujours, en raison de la durée de formation, qui est différente.

«Il ne peut pas ne pas y avoir de différentiel, a-t-il affirmé, tout en soulevant une question: Est-ce que le différentiel est trop grand?»

Cependant, ce n’est pas seulement une question de chiffres, a mis en garde M. Barrette qui, il faut le rappeler, a déjà été lui-même président de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ).

«Le problème des médecins (omnipraticiens), c’est qu’ils ne regardent que le chiffre isolément», a-t-il déploré. Or selon lui, d’autres facteurs doivent être considérés, soit les responsabilités, les horaires de travail et la charge de travail, entre autres.

«Il y a lieu d’aborder ça, mais ça ne veut pas dire que la revendication exprimée est la bonne que l’on doit corriger», a fait valoir le ministre.

Réaction de la FMOQ

La FMOQ a accueilli favorablement les signes d’ouverture du gouvernement. Dans les négociations actuelles sur le renouvellement de l’entente échue depuis 2015, la fédération a fait de ce rattrapage relatif une de ses priorités.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion, a affirmé que la rémunération actuelle de membres de l’organisation n’est «nullement concurrentielle» et qu’«il en va de l’avenir de la médecine de famille».

À titre d’exemple, il a fait savoir que sur les 58 postes de médecins résidents restés vacants l’an dernier au Canada, 56 étaient au Québec.

De même, l’écart de rémunération net atteint 60-70 pour cent, si on tient compte des frais de cabinet que les omnipraticiens ont, mais que les spécialistes n’ont pas, a-t-il poursuivi.

La FMOQ vise un écart brut de 20-30 pour cent, comme ce qui existe dans d’autres provinces, a précisé M. Dion, qui a évoqué des scénarios possibles.

«Personne ne demande une rémunération équivalente, a-t-il convenu. Et on reconnaît que ça ne peut se faire rapidement. Mais on peut s’entendre sur un mécanisme formel ou des objectifs en pourcentage.»

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