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MONTRÉAL — Quatre mois après les inondations du printemps, Québec annonce de nouvelles mesures pour aider les sinistrés à franchir la muraille de paperasse et le dédale bureaucratique qui se dressent entre eux et leur rétablissement à l’approche de l’hiver.

En annonçant ces mesures, mardi, à Montréal, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a reconnu que les procédures habituelles n’étaient pas adéquates face à l’ampleur du désastre.

«Je ne suis certainement pas ici pour vous dire que tout ce qu’on fait est parfait. C’est le contraire que je suis en train de vous dire», a laissé tomber le ministre.

«On est devant une situation exceptionnelle qui appelle des démarches et des façons de travailler tout à fait différentes», a reconnu M. Coiteux, qui s’adressait à la presse aux côtés du maire de Pierrefonds-Roxboro, Dimistrios Beis, dont l’arrondissement a été sévèrement touché par la crue printanière.

Martin Coiteux a reconnu que l’ampleur de la situation avait débordé les intervenants à tous les niveaux et congestionné les processus habituels.

Le ministre Coiteux a admis que les sinistrés «ne sont pas bien informés des démarches à entreprendre et deviennent confus», devant la lourdeur bureaucratique imposée par les différentes instances impliquées, ajoutant que «c’est à nous d’adapter nos processus aux citoyens; ce n’est pas aux citoyens à s’adapter à nos processus».

La plus importante des mesures annoncées consiste à organiser à très court terme des rencontres personnalisées pour que chaque sinistré puisse se présenter avec son dossier et rencontrer en même temps tous les représentants provinciaux et municipaux impliqués.

En plus des rencontres, des «comités de partenariat» regroupant les ministères de la Sécurité publique et des Affaires municipales et les villes seront mis sur pied afin de se garder à jour et d’agir rapidement.

Une des mesures prévoit également d’aider les municipalités à émettre les permis de construction requis plus rapidement alors qu’elles peinent à suffire à la demande exceptionnelle.

Enfin, des ententes seront conclues avec les organismes comme la Croix-Rouge pour le soutien des personnes hébergées temporairement.

M. Coiteux promet un post-mortem complet des événements en décembre prochain, mais il dit avoir déjà tiré une conclusion jusqu’ici: «la grande leçon de tout ça, c’est qu’il faut travailler le moins possible en silo».

Blâme de l’opposition

L’opposition péquiste s’est empressée de dénoncer la lenteur gouvernementale dans les heures suivantes.

Son porte-parole en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, a diffusé un communiqué dans lequel il qualifie de cafouillage la réponse du gouvernement Couillard dans ce dossier.

M. Bérubé affirme que les mesures annoncées mardi auraient dû être prises il y a longtemps et il reproche au ministre de n’avoir réagi que lorsqu’une centaine de citoyens se sont rassemblés devant son bureau de circonscription.

Pascal Bérubé qualifie la réponse gouvernementale «d’improvisation totale» et de «grave manque de respect envers les sinistrés».

Inondations: quelques chiffres

Plus de 5300 — nombre de résidences inondées

Plus de 4000 — nombre de personnes évacuées durant la crue

286 — nombre de municipalités touchées

5882 — nombre de réclamations reçues par le MSP

3101 — nombre de rapports d’inspection remis au MSP (il reste entre 600 et 700 inspections à faire)

238 — nombre de familles toujours hébergées à l’hôtel (on évalue qu’un nombre équivalent se trouve chez des membres de la famille ou dans des logements loués temporairement)

350 millions $ — montant estimé des dommages (incluant résidences, commerces et infrastructures municipales)

35 millions $ — sommes versées jusqu’ici (principalement pour de l’hébergement temporaire et des travaux d’urgence)

500 à 600 — nombre de résidences qui seront déclarées perte totale

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