TORONTO — Les employés du service à la clientèle d’Equifax Canada répondent à ceux qui les appellent que seuls les Canadiens qui ont transigé aux États-Unis ont possiblement été touchés par l’important piratage annoncé la semaine dernière.

Des journalistes de La Presse canadienne ont appelé plusieurs fois le service à la clientèle de l’agence d’évaluation de crédit à titre de consommateurs et se sont fait répondre que les consommateurs dont le dossier de crédit n’a pas été consulté à l’extérieur du Canada ne devraient pas avoir été touchés par la brèche de sécurité.

La direction d’Equifax Canada n’avait pas répondu aux demandes de La Presse canadienne au moment d’écrire ces lignes.

Equifax a révélé jeudi dernier que la faille dans son système de sécurité avait été découverte au cours de l’été et qu’elle avait compromis les informations personnelles de 143 millions d’Américains, ainsi que d’un nombre indéterminé de Canadiens et de Britanniques.

L’entreprise a toutefois été avare de commentaires sur d’autres détails, notamment le nombre de Canadiens qui ont pu être touchés.

L’entreprise a révélé avoir été mise au fait de la brèche le 29 juillet, mais elle a attendu au 7 septembre avant d’en informer le public.

Le site Internet d’Equifax Canada indique que «seul un nombre limité de Canadiens peuvent avoir été affectés» et que «l’incident est réglé».

«Nous travaillons nuit et jour à évaluer ce qui s’est produit», ajoute l’agence d’évaluation de crédit sur son site internet canadien.

Les dossiers de crédit canadiens et américains doivent être tenus séparément en raison des différences entre les lois des États-Unis et du Canada, selon le site d’Equifax Canada.

Cependant, les entreprises américaines peuvent consulter les dossiers de Canadiens stockés au Canada avec l’autorisation des consommateurs, selon Mike Morley, expert en gestion du risque dans le domaine du crédit.

«Disons que vous êtes un Canadien qui demande une hypothèque aux États-Unis pour votre chalet. Ils prendront une décision en fonction de vos informations de crédit au Canada», a indiqué M. Morley.

Cela créerait un dossier de crédit américain pour ce consommateur, a-t-il dit.

M. Morley a ajouté que les dossiers de crédit de Canadiens qui vivent et travaillent au sud de la frontière sont stockés au Canada dans plusieurs cas, notamment lorsqu’ils demandent une carte de crédit, ou même lorsqu’ils veulent obtenir un emploi ou louer un appartement.

Action collective

Par ailleurs, une demande d’action collective a été déposée à la Cour supérieure de l’Ontario, mardi, réclamant 550 millions $ en dommages pour les Canadiens dont les informations personnelles stockées par Equifax ont été dérobées par des pirates informatiques.

Selon Equifax, le vol d’informations concernant des Canadiens peut contenir des noms, des adresses et des numéros d’assurance sociale. Aux États-Unis, le vol touche également des dates de naissance et des numéros de permis de conduire.

La demande d’action collective vise également à obtenir un ordre de la cour pour obliger Equifax à aviser les Canadiens touchés.

La demande introductive d’instance allègue, entre autres, qu’Equifax a violé son contrat avec les personnes touchées de même que leurs droits à la protection des renseignements personnels; a fait preuve de négligence dans la manipulation des renseignements; et a violé les lois provinciales sur la protection des renseignements personnels.

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