QUÉBEC — Les propriétaires privés d’ambulances demandent l’intervention «vigoureuse» du ministre de la Santé dans le dossier du renouvellement des conventions collectives.

Coincés entre leurs employés en grève depuis sept mois et le gouvernement, les membres de la Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ) déplorent que les fonctionnaires du ministère de la Santé aient offert des conditions plus avantageuses aux ambulanciers de la grande région de Montréal.

Au Québec, le système ambulancier repose sur deux composantes: Urgences-santé, un organisme gouvernemental qui dessert la grande région de Montréal, et le réseau privé de compagnies d’ambulances qui dessert tout le reste du Québec.

Depuis la fin de l’année dernière, le réseau privé est soumis à un décret qui fixe notamment le cadre administratif dans lequel les compagnies mènent leurs activités, et les conditions de travail des paramédics.

Vendredi en conférence de presse, le porte-parole de la CSAQ, Richard Thibault, a lancé un «cri du coeur» au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour qu’il intervienne et permette des conditions de travail similaires à tous les ambulanciers.

«On ne veut pas créer un régime à deux vitesses parce que ça implique nécessairement deux catégories de patients: (…) ceux qui sont servis par des ambulanciers heureux, dans la région de Montréal, et ceux qui sont servis par des ambulanciers malheureux, en région», a-t-il déclaré.

Déjà, dans les conditions actuelles, le recrutement d’ambulanciers en région est difficile. «Là, on vient de se donner un sapré problème de recrutement et encore là, ce sont les services à la population qui risquent d’en souffrir», a-t-il ajouté.

Les services ambulanciers sont assujettis à la Loi sur les services essentiels. Même pendant la grève, les ambulanciers de la CSAQ sont obligés de fournir un service complet.

Leurs moyens de pression se limitent donc à la pose d’autocollants sur les ambulances et le refus du personnel de faire certaines tâches administratives, telles que prendre en note les coordonnées des personnes transportées.

M. Thibault affirme que ses membres subissent cette année des compressions de l’ordre de 42 à 48 pour cent. Par exemple, a-t-il illustré, les ambulanciers des compagnies privées n’auront plus de journées de formation rémunérées.

La CSAQ «la moins collaborative», selon Barrette

Pour sa part, le ministre Barrette prétend que la CSAQ est la «plus rigide» et la «moins collaborative» des organisations représentant les ambulanciers au Québec. À preuve, la corporation a «choisi la voie juridique» pour contester le cadre administratif du gouvernement, a-t-il souligné en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Selon M. Barrette, le rapport Ouellet, «Services préhospitaliers: urgence d’agir», publié en juin 2014, avait clairement démontré des problèmes de «coût-bénéfice» et de «standards de qualité».

«Le rapport Ouellet disait qu’on n’en avait vraiment pas pour notre argent et que ça coûtait trop cher, a-t-il affirmé. Compte tenu des corrélations que l’on a pu faire, on a fait des offres qui permettent à tout le monde d’arriver à être rentable, et ce, de façon raisonnable, tout en offrant le niveau de qualité de services requis.»

La CSAQ, qui a fait une contre-proposition le 31 août dernier, s’est offusquée du silence des fonctionnaires. La négociation se poursuit «normalement», a renchéri le ministre.

«On est en négociation; c’est sûr qu’on répond. On répond toujours», a-t-il déclaré.

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