OTTAWA — La ministre Carolyn Bennett met au défi le leader de l’opposition officielle d’évincer la sénatrice Lynn Beyak du caucus conservateur au nom de la réconciliation avec les Autochtones.

La requête a été formulée mardi après-midi à la Chambre des communes en réponse à une question en provenance des banquettes libérales (une question «plantée»).

«Si le leadership conservateur veut démontrer son engagement envers la réconciliation, il devrait exclure la sénatrice du caucus», a dit la ministre des Relations Couronne-Autochtones.

Sa collègue au Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a abondé dans le même sens à sa sortie de la période des questions.

«Il a une occasion en or de démontrer du leadership; qu’il le fasse», a-t-elle lancé en parlant du chef du Parti conservateur, Andrew Scheer.

Au bureau de M. Scheer, on signale que cela n’est pas dans les plans.

«Comme le chef l’a déjà mentionné, Mme Beyak n’a plus aucun rôle dans le caucus et ses propos ne reflètent en rien la pensée du chef ni du parti», a écrit dans un courriel une porte-parole conservatrice, Virginie Bonneau.

Dans une lettre publiée sur son site internet le 1er septembre dernier, la sénatrice Beyak a laissé entendre que les Autochtones n’étaient pas des citoyens canadiens.

«Échangez votre certificat de statut (indien) contre la citoyenneté canadienne (…) et allons de l’avant comme les leaders le font déjà à Ottawa», a-t-elle écrit.

Ces propos ont été condamnés par de nombreux élus à Ottawa, tous partis confondus, dont le député néo-démocrate Romeo Saganash.

Une personne qui affiche «une combinaison de racisme et de stupidité» n’a pas sa place au Sénat du Canada, a-t-il pesté en entrevue.

Mais comme «on ne peut pas la sortir du Sénat», on pourrait «à tout le moins (…) faire un geste honorable et la sortir du caucus conservateur», a-t-il laissé tomber.

«C’est la moindre des choses à mon avis», a tranché M. Saganash.

À la sortie de la période des questions, plusieurs députés conservateurs ont assuré qu’ils n’avaient pas pris connaissance des déclarations de la sénatrice ou ont tout simplement refusé de commenter l’affaire.

Le député Tony Clement, pour sa part, ne s’est pas défilé et a plaidé que la solution n’était pas d’éjecter Lynn Beyak ou encore de «lui faire honte pour la faire taire».

«Vous semblez dire qu’elle n’a pas le droit d’exister au sein de notre caucus, a-t-il offert. Je préfère être en désaccord avec elle au caucus. Je pense que c’est ce qu’il y a de mieux pour tout le monde.»

C’est la seconde fois en l’espace de quelques mois seulement que Lynn Beyak se retrouve dans l’embarras en raison de ses commentaires sur les Autochtones.

Au printemps dernier, elle avait provoqué l’indignation en déclarant dans un discours au Sénat qu’il y avait de bonnes intentions derrière les pensionnats autochtones.

Son propre parti s’était dissocié de ses commentaires, mais ceux-ci ne lui avaient pas coûté sa place au sein du caucus conservateur.

En réaction à sa dernière sortie, le leader de l’opposition au Sénat, Larry Smith, a dit que des «mesures» non précisées avaient été prises pour évaluer «le rôle» de Lynn Beyak au sein du caucus.

La principale concernée a publié jeudi dernier un communiqué dans lequel elle se pose en victime d’un traitement médiatique injuste.

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