Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — Les questions identitaires ont marqué la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale, mardi, reléguant au second plan la controverse éthique autour du leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, confirmé mardi dans ses fonctions.

En Chambre, pour sa première question de la nouvelle session, le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, a choisi de lancer les hostilités en dénonçant une fois de plus la tenue de la consultation controversée sur le racisme systémique, qui a lancé ses travaux mardi, et en demandant au premier ministre Philippe Couillard de l’annuler.

En échange, M. Lisée, qui juge que cette consultation ne servira qu’à culpabiliser les Québécois, a annoncé son intention de déposer dans les prochaines semaines un projet de loi visant à faire «reculer concrètement la discrimination et le racisme», de même qu’à favoriser l’emploi chez les immigrants.

Mercredi, l’opposition péquiste déposera aussi une motion en Chambre allant dans le même sens.

Refusant de battre en retraite, le premier ministre a répliqué qu’il fallait plutôt, en tant que société «mature», savoir «regarder en face» le problème.

À son avis, «ce serait très inquiétant que le Québec n’ait pas la capacité de se mobiliser pour parler d’un sujet de vie commune aussi essentiel», a commenté M. Couillard.

La consultation en régions sera suivie par un forum public en novembre, un événement qui doit réunir des experts de ces questions.

Fournier confirmé dans ses fonctions
Lundi, la reprise des travaux parlementaires semblait compromise par le fait que le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, se questionnait sur la pertinence de demeurer en poste, très ébranlé par les allégations de trafic d’influence proférées par le président du syndicat des policiers de Montréal, Yves Francoeur, et l’enquête policière en cours menée pour y donner suite.

Mais mardi matin, le premier ministre n’a pas hésité à renouveler sa confiance en M. Fournier, disant avoir obtenu entretemps l’assurance de la Sûreté du Québec que son ministre avait toujours l’habilitation de sécurité lui permettant de siéger au cabinet.

Cette confirmation laisse entendre que la police n’a rien trouvé de répréhensible dans le comportement passé de M. Fournier, a commenté M. Couillard en point de presse, vantant le jugement politique de son leader.

Le fait de «répandre des allégations non fondées» qui peuvent porter atteinte à la réputation des gens est un geste grave en démocratie et «dans une société de droit», a-t-il rappelé.

«Il n’y a pas d’informations qui m’empêchent d’être au conseil des ministres», a renchéri le premier intéressé, visiblement soulagé par la tournure des événements.

Des collègues ministres et députés se relayaient devant les journalistes pour affirmer que M. Fournier était victime d’une campagne de salissage.

Selon le chef syndical, M. Fournier aurait accepté en 2009 d’aider un promoteur immobilier à réaliser un projet en échange de contributions financières au Parti libéral du Québec, ce qu’a nié formellement le leader du gouvernement. M. Francoeur affirme aussi qu’une enquête policière autour de cette histoire n’aurait pas abouti en raison de pression des autorités.

La Sûreté du Québec mène depuis plusieurs mois une enquête sur les allégations de M. Francoeur et a annoncé lundi qu’elle allait augmenter le nombre de ressources affectées à ce dossier.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, est revenu à la charge pour réclamer des baisses d’impôts dès maintenant, soit 500 $ pour une personne seule et 1000 $ pour un couple.

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