Le nombre de ressortissants mexicains détenus par les agents frontaliers canadiens a atteint cette année son plus haut niveau en près d’une décennie, a appris La Presse canadienne.

Selon l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le nombre de mises en détention de Mexicains de janvier à la première semaine de septembre s’est établi à 2391 — soit près de six fois le total de l’an dernier. Ce chiffre est aussi équivalent à ceux des cinq dernières années réunies.

Le porte-parole Barre Campbell affirme que l’ASFC «ne peut pas spéculer» sur les causes de cette soudaine hausse.

Le phénomène a contribué à faire grimper le total de ressortissants étrangers détenus cette année. Les agents frontaliers ont détenu en moyenne 1032 personnes par mois — contre 877 l’an dernier et 993 en 2015.

L’ASFC peut détenir des ressortissants étrangers ou des résidents permanents si elle les soupçonne de représenter un danger pour le public, d’être sur le point de basculer dans la clandestinité ou de mentir sur leur identité. Le nombre de détentions peut comprendre plusieurs incidents impliquant une même personne.

Depuis le début de l’année, 660 Mexicains ont demandé le statut de réfugié au Canada, contre 242 pour l’ensemble de 2016.

Les experts expliquent cette poussée par deux principaux facteurs.

En décembre, le gouvernement de Justin Trudeau a aboli le visa obligatoire pour les Mexicains, facilitant leur entrée au pays. Le nombre de détentions a d’ailleurs immédiatement monté en flèche.

De plus, la répression orchestrée par l’administration de Donald Trump contre les immigrants sans statut aux États-Unis pourrait pousser certains Mexicains à se tourner vers le nord — sans compter la menace qui pèse contre le programme protégeant de la déportation les migrants arrivés illégalement lorsqu’ils étaient enfants.

Le porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Scott Bardsley, a déclaré jeudi que le Canada travaille étroitement avec les autorités mexicaines pour surveiller les vagues de migration.

La dernière fois que les chiffres en matière de détention s’étaient approchés de ce seuil remonte à 2008, avec 3301 cas.

L’afflux de demandeurs d’asile mexicains avait motivé le gouvernement de Stephen Harper à imposer les visas obligatoires en 2009, mais ils constituaient un important irritant entre Ottawa et Mexico.

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