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Un policier de la Sûreté du Québec a été déclaré coupable de la plus grave des deux accusations portées contre lui en lien avec la mort d’un adolescent de 17 ans, atteint mortellement par deux projectiles d’arme à feu en janvier 2014 à Sainte-Adèle, dans les Laurentides.

Le sergent Éric Deslauriers, un policier comptant une vingtaine d’années de service, était accusé d’homicide involontaire coupable en déchargeant intentionnellement une arme à feu sans se soucier de la vie ou de la sécurité d’autrui et de négligence criminelle ayant causé la mort.

La juge Joëlle Roy, de la Cour du Québec, l’a reconnu coupable de la première infraction qui est passible de l’emprisonnement à perpétuité avec un minimum de quatre ans derrière les barreaux.

Le policier avait intercepté le jeune David-Hugues Lacour au volant d’une voiture volée, alors qu’il se trouvait dans un stationnement à l’issue d’une courte poursuite. Dans son témoignage, il disait avoir fait feu parce qu’il craignait pour sa vie, soutenant que le suspect avait foncé sur lui avec le véhicule.

Des témoins et une preuve vidéo ont toutefois convaincu la juge Roy du contraire.

Dans sa décision de 17 pages, la magistrate note que «clairement, l’auto ne fonce pas sur l’accusé, mais passe près de lui» et que «l’auto n’a pas touché l’accusé».

La juge souligne que la fuite en voiture du suspect était impossible, puisque le policier avait bloqué la seule sortie avec son auto-patrouille. Elle conclut donc que la force utilisée par le sergent Deslauriers «était non seulement non nécessaire, mais disproportionnée».

L’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) a réagi à la décision, vendredi.

L’APPQ s’est dite «abasourdie» et a tenu à souligner que M. Deslauriers était un «excellent policier, de bonne foi, qui n’a eu qu’à peine quelques secondes pour réagir à une menace».

Elle prévient que le malaise suscité par la situation au sein de la communauté policière risque de provoquer chez certains agents un «désengagement de leurs actions professionnelles».

Éric Deslauriers a été remis en liberté en attendant les représentations sur la peine, qui auront lieu les 25 et 26 janvier prochain.

Son avocate, Me Nadine Touma, a déjà fait part de son intention de contester la constitutionnalité de la peine minimale de quatre ans. Elle n’a pas encore précisé si elle entend porter le verdict en appel.

Le sergent Deslauriers était suspendu avec solde en attendant le verdict. Depuis le jugement, il est suspendu sans solde. Son avocate a 30 jours pour en appeler de ce verdict.

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