Colin N. Perkel Colin N. Perkel / La Presse Canadienne

TORONTO — La suppression de courriels liés à la décision controversée d’annuler la construction de deux centrales au gaz près de Toronto était un geste délibéré qui constitue un abus de confiance, a argué la Couronne, vendredi, au procès de deux anciens employés du cabinet du premier ministre en Ontario.

Le procès longuement attendu de David Livingston et Laura Miller a commencé; la poursuite a présenté ses arguments.

M. Livingston, l’ancien chef de cabinet de l’ex-premier ministre Dalton McGuinty, et Mme Miller, son adjointe, ont plaidé non coupables aux accusations d’abus de confiance, de méfait, et d’utilisation illicite d’un ordinateur qui pèsent contre eux.

Dans sa déclaration d’ouverture qui n’a pas encore été étayée par des preuves, la procureure Sarah Egan a déclaré que les accusés étaient d’avoir orchestré la «suppression double» de courriels confidentiels qui portaient sur les centrales au gaz afin de les garder secrets.

Me Egan a affirmé devant le juge de la Cour de l’Ontario, Timothy Lipson, que les deux individus avaient «agi ensemble» pour détruire ces documents «qu’ils avaient l’obligation juridique de conserver».

Elle a plaidé qu’ils ont agi «contre l’intérêt public».

La décision du gouvernement libéral de l’Ontario de fermer les centrales juste avant l’élection provinciale de 2011 — et les coûts de 1,1 million qu’elle a engendrés — a fait l’objet d’un débat public à l’époque, ce qui a provoqué des requêtes en vertu des Lois sur l’accès à l’information, selon ce qui a été présenté en cour.

Le ministère de l’Énergie avait même été reconnu coupable d’outrage à la législature en 2012 alors qu’il n’avait pas remis les documents sur les centrales qu’un comité lui avait réclamés.

M. Livingston, qui avait été «minutieusement» averti de ses obligations sur la préservation des documents, a malgré tout décidé d’effacer les informations des ordinateurs du bureau de l’ancien premier ministre McGuinty, a martelé la procureure.

La décision d’embaucher le mari de Mme Miller, Peter Faist, pour retirer les courriels des disques durs des ordinateurs représente «écart sérieux et marqué» des standards en matière de confiance du public, selon Me Egan.

M. Faist n’était pas un employé du gouvernement et ne possédait pas les autorisations de sécurité pour accéder aux informations de ces ordinateurs, a-t-elle ajouté.

Le procès, qui s’étalera sur six semaines, devait commencer à entendre les témoins le 11 septembre. L’audience avait toutefois été reportée ce vendredi après que la défense se soit plainte concernant les informations tardives et incomplètes que la Couronne devait fournir.

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