Karine Dufour/ICI Radio-Canada Télé Alexandre Paradis, Marie-Ève Goyer et Jessica Turmel

Alors que la crise du fentanyl prend de l’ampleur au Québec, trois intervenants ont plaidé pour une meilleure aide de la part du système de santé, dimanche soir lors du lancement de la 14e saison de Tout le monde en parle.

«La toxicomanie est une maladie comme une autre, il faut arrêter ce jugement moral, a lancé la médecin spécialiste du traitement des dépendances, Marie-Ève Goyer. Il faut que les gens aient accès à un traitement de leur dépendance.» La Dre Goyer dit qu’on ne peut pas mettre quelqu’un sur une liste d’attente et lui dire: «Reviens dans six mois si t’es toujours en vie.» Elle a rappelé que la différence entre prendre du fentanyl, être bien et faire un arrêt cardio-respiratoire est très mince.

Jessica Turmel, du Groupe de recherche et d’intervention psychosociale (GRIP), a ajouté qu’il faut abandonner la répression et instaurer l’analyse de substances dans des festivals afin de venir en aide au consommateur de drogues. «On arrive à rejoindre des gens qu’on ne rejoindrait pas dans les autres modes de prévention», a-t-elle assuré, ajoutant que les gens sont très curieux de savoir si leur drogue est sécuritaire. «Des gens commandent des tests sur internet, mais il y a des limites. Ça serait important qu’on puisse les accompagner dans ces tests», a-t-elle dit.

Les deux intervenantes ont rappelé que le commerce du fentanyl s’avère très lucratif pour les vendeurs de drogues, ce qui fait qu’il y en a sur toutes les formes et dans pratiquement toutes les drogues. «On peut faire beaucoup de dosages avec une plus petite quantité. Les vendeurs font le calcul que même s’ils perdent 20% de leur clientèle par décès, ça reste lucratif», a soutenu Mme Turmel.

Aussi, il n’y a pas que des toxicomanes qui sont à risque dans cette crise des opioïdes, a souligné Alexandre Paradis, de SOS Itinérance. «Mon ex a eu le cancer, elle avait à peu près 40 patchs de fentanyl dans sa pharmacie, a-t-il relaté. Mais quand elle n’est plus malade, elle reste accroc à la drogue. Ce sont souvent des histoires comme ça qui arrivent.»

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