MONTRÉAL — Le premier ministre Philippe Couillard accueille avec prudence la recommandation d’un comité suggérant à son gouvernement d’accroître les incitatifs financiers lorsque vient le temps d’acheter un véhicule électrique.

Il s’agit de l’une des 12 recommandations figurant dans le rapport du Comité consultatif sur l’économie et l’innovation, qui a été remis au gouvernement Couillard lundi à Montréal.

Formé de 32 personnes, dont le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, le comité ratisse large avec son rapport. Il souhaite entre autres que le Québec dispose d’un parc de 500 000 véhicules électriques d’ici 2030.

En plus des incitatifs financiers, on propose d’ajouter «rapidement» 2000 bornes de recharge rapide, alors que la province n’en compte actuellement qu’environ 70, selon les données gouvernementales.

«Nous avons déjà mis beaucoup d’argent sur la table et on voit que cela fonctionne, a affirmé M. Couillard en marge de la présentation du rapport. Les gens adoptent les véhicules électriques. Nous allons en débattre, mais ce n’est pas aujourd’hui que je vais répondre à cette question.»

Québec offre actuellement des rabais pouvant atteindre 8000 $ lors de l’achat d’une voiture entièrement électrique.

D’après les données de l’Association des véhicules électriques du Québec, quelque 18 000 voitures propulsées à l’électricité circulent actuellement sur les routes de la province. Québec s’est fixé un objectif de 100 000 véhicules d’ici 2020.

À titre comparatif, la Norvège compte environ 120 000 véhicules électriques ou hybrides pour une population de quelque 5 millions de personnes — inférieure à celle du Québec.

«Nous allons bientôt avoir une annonce concrète d’Hydro-Québec (avec les bornes de recharge rapide), a dit M. Couillard. Il faut développer rapidement notre réseau. Nous avons besoin de l’entreprise privée.»

Au cours d’un entretien téléphonique, la présidente du comité, Monique Leroux, a également affirmé que le développement du réseau de bornes à recharge rapide était important pour inciter les automobilistes à se tourner vers les véhicules électriques.

Toutefois, si le Québec veut imiter la Norvège, il est logique de bonifier «temporairement» les incitatifs financiers dans la province.

«Il faudra faire des calculs pour trouver les montants adéquats, mais c’est vrai que de hausser temporairement les subventions (…) pourrait avoir un effet d’accélérateur, a dit l’ex-dirigeante du Mouvement Desjardins. Est-ce que c’est un an? Deux ans? Je ne suis pas en mesure de vous le dire.»

D’après Mme Leroux, le comité devrait maintenant tabler sur un plan visant à mettre en oeuvre les recommandations. Les détails devraient être connus d’ici la fin de l’année ou au début de 2018.

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Voici quelques autres recommandations du rapport remis lundi à Québec:

— Créer le plus important écosystème d’intelligence artificielle en Amérique du Nord:

Mme Leroux se félicite que des géants comme Facebook, Google et Microsoft aient décidé d’endosser l’expertise québécoise, mais elle croit qu’il faut aller encore plus loin.

«C’est intéressant que des géants viennent ici, mais le succès, c’est d’avoir des entreprises du Québec, de toutes les tailles, qui investissent dans ce que nous avons réalisé en matière de recherche universitaire», affirme-t-elle.

Le comité recommande que Québec, qui a alloué 100 millions $ sur cinq ans en intelligence artificielle, bonifie son enveloppe en plus de prolonger son investissement sur 10 ans.

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— Compétences des Québécois:

Une importante partie du rapport se penche sur le développement du «talent» et des «compétences» des Québécois. On propose notamment une collaboration avec le réseau des 48 cégeps du Québec ainsi que les entreprises. Le comité propose notamment de s’inspirer du modèle allemand «dual» pour la mise en place d’un programme en alternance travail-études, dont les participants seront rémunérés.

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— Technologies numériques:

Les entreprises québécoises sont à la traîne en ce qui a trait à l’adoption de nouvelles technologies numériques. «Cet enjeu interpelle des gens, mais ceux-ci se demandent souvent comment s’activer», analyse Mme Leroux. Québec a sensibilisé le secteur manufacturier à la modernisation dans le cadre d’une grande tournée, mais le rapport suggère que cette initiative se fasse à «tous les niveaux».

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— Le secteur forestier:

En dépit des nombreux défis, l’industrie forestière continue de figurer parmi les plus importants employeurs de la province. Le conseil recommande «d’encourager par des incitatifs fiscaux ou des modifications au Code du bâtiment l’utilisation du bois dans les projets de construction». Selon le rapport, Québec devrait se positionner comme leader nord-américain des tours en bois en misant sur sa capacité à bâtir des édifices d’une quinzaine d’étages en bois.

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