OTTAWA — La répression exercée par le régime au pouvoir à Madrid pour bloquer le référendum d’autodétermination en Catalogne pourrait lui attirer «beaucoup de problèmes», a prévenu lundi Jean Chrétien.

À une semaine de la possible tenue d’un scrutin jugé illégal par le gouvernement central espagnol, l’ancien premier ministre a souligné que «pour qu’une démocratie fonctionne bien, il faut aussi le respect de la loi».

«Je suis pas sûr que c’est une avenue qui est facile, il va y avoir beaucoup de problèmes avec ça, mais c’est leur choix», a lâché en mêlée de presse celui qui dirigeait le Canada lors du dernier référendum sur l’indépendance du Québec, en 1995.

Au nom de la non-ingérence, il s’est gardé de commenter les gestes posés par le gouvernement de Mariano Rajoy, mais il s’est réjoui qu’au Canada, «on a donné l’exemple» en matière de consultation populaire et soutenu que le «meilleur commentaire qu’on peut faire, c’est de prêcher par l’exemple».

Il a ajouté qu’aux yeux de Madrid, les arrestations d’élus, confiscations de bulletins de vote et autres gestes de répression avaient été posés pour faire respecter la constitution — ce qui illustre selon lui qu’en politique, «les situations sont compliquées entre le droit et la démocratie».

L’ancien politicien âgé de 83 ans s’est au passage félicité d’avoir été de ceux qui ont «misé sur la démocratie» en matière référendaire face à des collègues ministres du cabinet libéral fédéral «qui disaient à l’époque que le Canada, c’était indivisible».

Il n’a pu s’empêcher d’y aller d’une boutade à l’intention des tenants de l’indépendance du Québec. «Ils en ont eu un deuxième, là ils rêvent d’un troisième… un jour, il va falloir que ça arrête», a lâché Jean Chrétien en marge d’un événement à Ottawa.

Le président de la Generalitat (le Parlement catalan), Carles Puigdemont, a dénoncé jeudi passé dans une vidéo publiée sur YouTube l’«agression coordonnée par les forces policières du ministère de l’Intérieur du gouvernement espagnol» ayant mené à l’arrestation d’élus.

«Cette agression est en dehors de toute protection juridique. Elle a été perpétrée en violation de l’État de droit et de toutes les garanties constitutionnelles et en violation de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne», a-t-il dénoncé en français.

«Nous n’accepterons pas un retour au passé», a tonné M. Puigdemont, vraisemblablement en référence aux décennies de règne franquiste en Espagne.

Le premier ministre Justin Trudeau a refusé de condamner les rafles des policiers agissant sur les ordres d’un juge. Son homologue québécois Philippe Couillard s’est pour sa part dit «plus que préoccupé» par «les incidents teintés de violence, les arrestations d’élus municipaux».

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