Francois Mori Un avion de la Série C.

DRAYTON VALLEY, Alb. — Un candidat à la direction du Parti conservateur uni de l’Alberta s’est excusé d’avoir qualifié la position du gouvernement québécois vis-à-vis Bombardier de «retardée».

L’ancien député fédéral Brian Jean a écrit sur Twitter, jeudi, qu’il regrettait ce choix de mot.

Il avait lancé cette injure la veille, lorsque des journalistes l’avaient interrogé quant à la demande du premier ministre québécois, Philippe Couillard, envers le gouvernement fédéral de défendre Bombardier.

Le département américain du Commerce a imposé des droits compensatoires de 219 pour cent sur les appareils CSeries construits par Bombardier, considérant que l’avionneur profitait d’un avantage déloyal en raison de subventions gouvernementales.

Brian Jean a décrit comme «ridicule et retardé» le fait que M. Couillard demande au Canada d’appuyer sa province, alors que le Québec fait obstruction au projet d’oléoduc Énergie Est, qui acheminerait le pétrole albertain vers la côte Est.

«Ça, c’est le gars qui appelle maintenant à l’unité nationale — l’unité nationale pendant qu’ils empêchent nos pipelines de traverser parce qu’ils ne croient pas en Énergie Est», a raillé l’ancien chef du Wildrose.

«Ils préféreraient soutenir un dictateur et son système d’abus envers les gens qu’il contrôle plutôt que la bonne énergie propre de l’Alberta, a-t-il poursuivi. C’est ridicule et retardé.»

Il a été vivement critiqué pour ses propos par un de ses adversaires dans la course à la chefferie.

«Inacceptable», a écrit sur les réseaux sociaux Blaise Boehmer, le porte-parole du candidat Jason Kenney. Il a qualifié sa réaction de «complètement incompatible» avec la tolérance dont se réclame le parti.

Brian Jean a dit regretter l’injure, mais pas son choix de «défendre vigoureusement les Albertains face aux politiciens québécois».

Le Manitoba s’en mêle

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a pour sa part invité son homologue québécois à garder la tête froide.

En demandant à Ottawa d’adopter la ligne dure contre Boeing, le premier ministre Couillard avait affirmé mercredi que «pas un boulon, pas une pièce, pas un avion» de l’entreprise américaine ne devrait entrer au Canada avant que le conflit ne soit réglé.

«Ce genre de rhétorique exaltée et ce langage émotif, bien que compréhensibles en raison des inquiétudes du premier ministre, ne sont pas nécessairement aussi utiles que des têtes froides et la démonstration d’une compréhension que nos échanges commerciaux produisent des bénéfices mutuels très importants pour les économies canadienne et américaine», a avancé Brian Pallister.

Le premier ministre manitobain se dit toutefois persuadé que la relation commerciale canado-américaine résistera à cette crise.

«Nous avons la plus forte relation de coopération entre deux pays au monde, a-t-il soutenu. Nous nous en sortirons.»

Le maire de Winnipeg s’est lui aussi immiscé dans la dispute commerciale entre Boeing et Bombardier.

Brian Bowman a souligné jeudi que la capitale manitobaine, qui héberge une installation de Boeing de 1400 employés, est le plus grand centre aéronautique de l’Ouest canadien et le troisième plus grand au pays.

Il a lui aussi soutenu que «les têtes froides doivent prévaloir» pour faire en sorte que ce secteur d’activités puisse continuer à croître.

M. Bowman a avancé que les commentaires de M. Couillard étaient une simplification excessive de la situation et que le Canada devait laisser ses frontières ouvertes au commerce.

«Ses propos ne semblent pas reconnaître le fait que le Québec n’est pas la seule province touchée par cette dispute», a-t-il déclaré, jeudi.

Le grain de sel d’Unifor

Philippe Couillard argue que la somme de 1 milliard $ US injectée dans Bombardier par le gouvernement du Québec pour le développement de la CSeries ne constitue pas une subvention et que Boeing profite depuis des décennies d’un soutien financier du gouvernement américain.

Le président d’Unifor, qui représente les syndiqués de Bombardier, souligne que les deux entreprises reçoivent une aide gouvernementale.

«Boeing joue à un jeu très dangereux, pas seulement pour Bombardier, mais pour elle-même», a prévenu Jerry Dias.

Ce litige menace la capacité des gouvernements à soutenir l’industrie, a-t-il ajouté.

«Si nous ne luttons pas maintenant, les répercussions pourraient s’avérer brutales», a-t-il signalé.

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