Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Bombardier ne serait pas étonnée de voir le département américain du Commerce lui imposer, la semaine prochaine, de nouveaux tarifs pour ses avions de la CSeries.

Après avoir été surpris plus tôt cette semaine par l’imposition de droits compensatoires préliminaires de près de 220 pour cent, l’avionneur montréalais se dit prêt à faire l’objet de droits antidumping «absurdes».

«Nous nous attendons à un chiffre significatif. Choisissez un chiffre. Cela n’a aucun sens», a affirmé le responsable des ventes d’avions commerciaux de Bombardier, Colin Bole, lors d’un entretien.

«Je crois que le département du Commerce et Boeing n’ont pas exactement adopté une approche sensible et rationnelle dans cette affaire.»

Le gouvernement américain doit annoncer mercredi sa décision préliminaire sur les prêts antidumping réclamés par son concurrent Boeing. L’avionneur de Chicago a demandé des droits antidumping de 79 pour cent — ce qui est identique à sa demande pour les droits compensatoires.

«Nous croyions que 79 était assez courageux, mais ceci dépasse le ridicule», a ajouté M. Bole au sujet des droits compensatoires de 220 pour cent.

Selon les conclusions préliminaires du département américain, Bombardier aurait profité de subventions gouvernementales illégitimes, ce qui lui a donné un avantage injuste lorsqu’il a vendu ses avions de la CSeries au sud de la frontière.

Bombardier a fait valoir à plusieurs reprises que les Américains seraient touchés par les tarifs parce que plus de la moitié des pièces des appareils de la CSeries sont produites par des fournisseurs américains, incluant les moteurs de Pratt & Whitney. Le programme devrait générer plus de 30 milliards $ US en activités au cours de son existence, en plus de soutenir plus de 22 700 emplois américains dans 19 États.

Selon M. Bole, les droits exorbitants sont injustifiés et Bombardier a bon espoir de les voir renversés dans les décisions finales du département du Commerce, dans les mois à venir. Boeing ne pourra pas expliquer en quoi il est lésé puisqu’il ne construit pas d’avion de la taille des CS100.

Le chef de la direction du transporteur Air Canada, Calin Rovinescu, a offert son appui à l’avionneur, en indiquant, lors d’un discours devant la Chambre de commerce de Montréal, qu’il avait jugé «troublante» la décision de mardi sur les droits compensatoires.

La plus grande ligne aérienne au pays a commandé 45 appareils de la CSeries avec des options pour en acheter 30 de plus. Elle a l’intention de les utiliser pour desservir de nouvelles destinations lorsqu’elle commencera à les recevoir en 2019.

«Les avions de la CSeries sont les meilleurs de leur catégorie de taille et nous les voyons coexister confortablement dans notre flotte aux côtés de notre nouveau Boeing 737 Max», a-t-il affirmé.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a visité jeudi des centaines d’employés de Bombardier à Mirabel, pour montrer l’appui du gouvernement au programme de la CSeries. «C’est totalement inacceptable ce qui est en train d’arriver. Ce n’est pas uniquement une attaque contre un avion, mais contre toute une industrie», a-t-il affirmé dans un hangar des installations de Bombardier.

Entre-temps, les campagnes de vente de Bombardier (TSX:BBD.B) ne souffrent pas de la décision sur les droits, a assuré M. Bole, et la société s’attend toujours à pouvoir annoncer de nouvelles commandes d’ici la fin de l’année.

Bombardier estime que l’Amérique du Nord détiendra environ 2000 des 6800 avions de 100 à 150 sièges qui seront vendus partout dans le monde au cours des 20 prochaines années.

L’action de Bombardier a regagné du terrain jeudi, à la Bourse de Toronto, où elle a pris 11 cents, soit 5,24 pour cent, à 2,21 $.

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