Chris Donovan Chris Donovan / La Presse Canadienne

TORONTO — L’ex-président américain Barack Obama prévient que la fermeture des frontières n’aidera pas la création d’emplois étant donné que la métamorphose des industries, comme le secteur manufacturier, est plutôt attribuable à l’intelligence artificielle et à l’automatisation.

Lors d’un discours à Toronto, vendredi, M. Obama a rappelé que la transition d’une économie agricole vers une économie industrielle s’était étirée sur 150 ans, tandis que la révolution technologique s’est produite à l’intérieur de 20 ans. Il est ardu pour les gouvernements de suivre ce rythme, a-t-il signalé.

Sans mentionner le nom de son successeur, Donald Trump, il a avancé que les gouvernements adoptant une stratégie protectionniste sont à côté de la plaque.

M. Obama estime qu’au fil des 25 prochaines années, les économies avancées seront confrontées au fait qu’il n’y aura plus suffisamment d’emplois bien rémunérés à temps plein tels que nous les concevons traditionnellement.

«Vous allez voir les constructeurs automobiles bien se porter et vous allez nous voir fabriquer des biens que nous utilisons aux États-Unis et au Canada, mais vous allez traverser ces manufactures et elles seront vides parce qu’elles seront gérées par des robots et (l’intelligence artificielle)», a-t-il prédit.

Il estime que les économies avancées auront à s’adapter pour que tout le monde puisse mener une vie productive, gratifiante et soutenir leur famille.

Barack Obama a également lancé un appel à repenser le modèle syndical, conçu à l’ère industrielle. Des mesures comme un salaire minimum plus élevé pourraient amortir le coup, a-t-il suggéré.

Un public réceptif

Parmi ceux ayant assisté à ce discours, certains se sont dits inspirés par ses propos sur la démocratie, l’engagement citoyen et la jeunesse.

Les organisateurs, le groupe de réflexion Canada 2020, attendaient 3000 personnes à cet événement, dont le prix des billets s’élevait à un millier de dollars.

«Il a toujours cet optimisme incroyable à propos du Canada, des États-Unis, du monde, en dépit du fait que les temps sont difficiles en ce moment», a rapporté Glenda Rissman.

Cynthia Dale a abondé dans le même sens, soulignant également sa «ridicule modestie».

Une famille américaine en visite à Toronto a attendu pendant des heures à l’extérieur du Palais des congrès du Toronto métropolitain dans l’espoir d’apercevoir leur ancien président.

Sylvianna et Andrew Kaplan se disent reconnaissants du programme qu’il a implanté en matière d’assurance maladie — mesure que l’administration de Donald Trump tente d’abroger.

«Ses politiques d’assurance maladie ont profité à nos enfants. Les deux sont de jeunes adultes, mais ils sont toujours couverts par notre régime d’assurance maladie. Le plus gros avantage est qu’ils soient toujours couverts par notre assurance», a exposé Mme Kaplan.

Un groupe d’élèves du secondaire a fait l’école buissonnière pour voir M. Obama.

C’est «une expérience qu’on ne peut pas vivre à l’école», a justifié Abby Mcclellan.

Ava De Pagter a pour sa part expliqué qu’elle adore «ce qu’il défend; tout le monde devrait être égal — peu importe la race ou le genre».

Barack Obama était de passage à Toronto un jour après son ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, qui y a fait la promotion de son livre.

L’ex-président a été aperçu plus tard dans la journée avec le prince Harry, aux Jeux Invictus.

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