OTTAWA — Julie Payette deviendra lundi le 29e gouverneur général. Sa désignation lui a valu une petite controverse, déterrant même quelques détails très privés d’un divorce. Mais sa vie, à partir de maintenant, sera examinée par une loupe plus puissante encore.

Voici quelques controverses qui ont écorché les gouverneurs généraux des 38 dernières années:

David Johnston (2010-2017): Août 2011, M. Johnston fait la leçon aux avocats et aux juges. Dans un discours devant l’Association du Barreau canadien, il dénonce la lenteur des tribunaux et parle de la perte de confiance envers la profession. C’est l’eau la plus chaude qu’aura subie un gouverneur général qui s’est montré discret, à la limite du beige.

Michaëlle Jean (2005-2010): La controverse n’a pas attendu l’installation de Mme Jean. Dès sa désignation, il lui a fallu justifier des écrits passés qualifiés de sympathiques à la cause souverainiste québécoise. En octobre 2005, un discours humoristique au dîner annuel de la Tribune de la presse parlementaire, dans lequel elle mimait l’ivresse, lui a vallu des reproches. En octobre 2009, lors d’un discours à Paris, elle se qualifie de «chef d’État», poussant le premier ministre de l’époque, Stephen Harper, à lui rappeler que c’est plutôt la reine Elizabeth II qui a ce titre.

Adrienne Clarkson (1999-2005): Septembre 2003, Mme Clarkson entame une tournée des pays du Nord circumpolaire. Ce voyage qui la mènera en Russie, en Islande et en Finlande, puis en Norvège, Suède et Danemark, coûtera trop cher aux yeux de l’opposition et même le gouvernement — libéral à l’époque — ne viendra pas à la défense de Mme Clarkson.

Roméo Leblanc (1995-1999): M. Leblanc aussi arrive au poste dans la controverse. Étant l’un des rares ministres libéraux à avoir endossé Jean Chrétien lors de la course au leadership du Parti libéral de 1984, il faisait également partie de l’équipe de stratégie électorale lors de l’élection de 1993 qui a porté M. Chrétien au pouvoir. Les critiques ont donc crié au favoritisme. Et le chef du Parti réformiste (ancêtre du Parti conservateur actuel), Preston Manning, a boudé la cérémonie d’assermentation.

Ramon Hnatyshyn (1990-1995): Comme pour celui qui lui succédera, on a reproché à M. Hnatyshyn d’être arrivé là par favoritisme. Il avait été ministre dans les gouvernements progressistes-conservateurs de Joe Clark et de Brian Mulroney.

Jeanne Sauvé (1984-1990): Elle ferme les terrains de la résidence officielle, Rideau Hall, au public. Elle évoque alors des raisons de sécurité. Et il faudra attendre l’arrivée de son successeur, M. Hnatyshyn, pour que le citoyen ordinaire puisse, à nouveau, se promener dans l’immense terrain de Rideau Hall.

Edward Schreyer (1979-1984): Lorsque Joe Clark lui demande de dissoudre le Parlement, il hésite avant de céder à la requête du premier ministre qui voulait tenir des élections. Puis, il suggère en 1981 et 1982 qu’il pourrait dissoudre le Parlement si Pierre Elliott Trudeau provoquait une crise en rapatriant unilatéralement la Constitution, sans l’accord des provinces. Il n’aura pas à aller jusque-là.

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