L’entreprise Pétrolia a présenté mardi matin à ses actionnaires son plan de fusion avec une société albertaine pendant que des manifestants s’insurgeaient.

Une cinquantaine de manifestants sont venus, mardi matin à Montréal, dénoncer la fusion de l’entreprise québécoise Pétrolia avec l’Albertaine Pieridae Enegry, qui planche sur un projet de terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) en Nouvelle-Écosse.

«Avec ce projet de terminal, Peridae compte exporter 10 millions de tonnes de GNL par an, ce qui nécessiter de forer chaque année de 100 à 150 nouveaux puits», a déploré Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement Vert-Plus, qui a fait le voyage de la Gaspésie pour assister à l’assemblée générale des actionnaires de Pétrolia.

Actuellement, Pieridae tire son gaz de schiste de la Pennsylvanie et de la Virginie, où est autorisée la controversée pratique de la fracturation hydraulique qui met les nappes d’eau souterraines à risque. Les manifestants craignent que l’entente entre les deux entreprises énergétiques ouvre la porte à plus de forages en Gaspésie, où Pétrolia dispose de permis qui couvrent 80% du territoire.

Là-bas, deux projets d’exploration sont en phase avancée : le projet Bourque à Murdochville et le projet Haldimand, à Gaspé. Ce dernier a permis d’extraire 1200 barils en phase de test, mais il reçoit l’opposition de la ville, car il se trouve à 350 mètres des premières maisons.

Dans une note remise aux actionnaires, Pétrolia écrit que «la réalisation de cet arrangement offre aux actionnaires de Pétrolia une occasion unique de participer au développement d’une société du secteur du gaz naturel liquéfié totalement intégrée, depuis la production en amont jusqu’à la vente du GNL, qui devrait fournir les moyens d’accélérer l’exploration des propriétés de Pétrolia tout en créant un marché à long terme pour la production de gaz».

Par voie de communiqué, l’entreprise québécoise s’est félicitée de cet arrangement qui prévoit le versement de 9M$ aux actionnaires.

Les opposants au regroupements des deux entreprises sont d’autant plus frustrés de la fusion que le gouvernement a investi plusieurs dizaines de millions de dollars dans l’entreprise Pétrolia. «Si on ajoute les investissements publics et l’argent remboursé à Pétrolia pour se retirer d’Anticosti, on arrive à 43M$. Ça veut dire qu’on a subventionné une entreprise pour ouvrir la porte à une entreprise albertaine. qui veut venir forer dans les rivières les plus pures du Québec», a dénoncé Carole Dupuis, coordonnatrice générale du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec.

Avant d’être entérinée l’opération est conditionnelle à l’obtention du consentement de la Bourse et de la Cour supérieure du Québec.

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