Archives Métro Un puits de forage de gaz de schiste.

QUÉBEC — Les nouvelles règles sur les hydrocarbures projetées par le gouvernement Couillard recèlent une «bombe à retardement climatique», selon l’opposition officielle.

Chaque puits de forage pourra entraîner des fuites équivalant au volume de deux bonbonnes de propane à la minute, selon le Parti québécois. C’est ce que prévoient les volumineux projets de règlement sur les hydrocarbures actuellement soumis à la consultation avant leur adoption.

En entrevue avec La Presse canadienne mardi après-midi, le porte-parole péquiste en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, a déploré que le gouvernement devienne «plus tolérant» par rapport aux fuites émanant d’éventuels puits de forage, en permettant un débit cinq fois plus élevé que ce qui avait été observé par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans la vallée du Saint-Laurent.

Qui plus est, il s’agit de fuites de méthane émises dans l’atmosphère, une «source très très forte de réchauffement climatique, 85 fois plus puissante que le CO2», a expliqué le député de Jonquière, qui se préoccupe du respect des engagements du Québec en ce qui a trait à la réduction des gaz à effet de serre (GES).

«Le gouvernement devrait tout de suite fermer le robinet», a-t-il déclaré, en exigeant des libéraux qu’ils retournent à la table à dessin pour ébaucher de nouveaux règlements.

Le BAPE s’inquiétait déjà du manque de connaissances concernant les impacts de ces «gaz fugitifs» sur l’eau et les sols, craignant que cela ne permette pas de garantir l’intégrité des puits, a cité M. Gaudreault.

À la période de questions, mardi, il a interpellé le ministre de l’Environnement, David Heurtel, en lui demandant pourquoi il allait autoriser de telles fuites.

«Imaginez une bonbonne de gaz que vous utilisez pour votre barbecue. Le gouvernement considère sans risque que chaque puits de forage libère un débit équivalent à deux bonbonnes de gaz à la minute pour chaque puits de forage. C’est vraiment irresponsable. Comment le ministre de l’Environnement a-t-il pu donner son autorisation à cette vraie bombe à retardement climatique?»

C’est toutefois le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, qui lui a répondu. Il a dit qu’il n’avait pas de leçon à recevoir du Parti québécois, une formation qui avait autorisé les activités pétrolières sur l’île d’Anticosti, a-t-il rappelé.

«On nous fait des leçons de morale sur ces questions-là, alors que nous sommes les premiers à légiférer et à donner, encore une fois, le règlement le plus strict en Amérique du Nord. Le Parti québécois devrait avoir honte de s’exprimer là-dessus.»

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