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MONTRÉAL — Des médecins résidents, hommes et femmes, se font encore demander par leur employeur potentiel, lors d’une entrevue d’embauche, s’ils ont des enfants ou s’ils ont l’intention d’en avoir.

La Fédération des médecins résidents du Québec soutient qu’il s’agit là d’un comportement discriminatoire, dont elle s’était déjà plainte l’an dernier, et qui n’a toujours pas été corrigé. Elle menace maintenant de s’en plaindre à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

La fédération a dévoilé, jeudi, les résultats d’une consultation à cet effet auprès de 2543 médecins résidents ayant terminé leur résidence le 1er juillet dernier. Des 288 résidents qui ont dit avoir passé une entrevue d’embauche au cours de la dernière année, 93 ont rapporté s’être fait demander s’ils avaient des enfants ou s’ils avaient l’intention d’en avoir — au moins l’une des deux questions.

Et les femmes médecins résidentes se le sont fait demander deux fois plus souvent que les hommes.

Une question similaire avait été posée l’an dernier auprès d’une cohorte similaire.

«Le problème est toujours là et les chiffres sont comparables à l’année passée. Donc, il n’y a eu aucun changement. La mise en garde du ministère, soit qu’elle n’a pas eu lieu, soit qu’elle n’a pas eu d’effet. Donc, on redemande encore une fois au ministère d’agir», a plaidé le docteur Christopher Lemieux, président de la fédération.

L’an dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux avait fait savoir que si une telle pratique avait bel et bien cours, elle n’était pas acceptable et que les établissements de santé devaient agir de façon non discriminatoire.

Le docteur Lemieux croit que les établissements qui agissent ainsi le font dans le but d’obtenir une main-d’oeuvre plus disponible. De plus, les congés de maternité les privent d’une employée potentielle pendant un long laps de temps.

N’empêche, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est catégorique: «la grossesse est un motif interdit de discrimination et de harcèlement. Cela signifie qu’on ne peut vous traiter différemment parce que vous êtes enceinte ou en congé de maternité».

Et sur son site web, on affirme clairement: «on ne peut vous refuser un emploi ou une promotion parce que vous êtes enceinte».

La Fédération des médecins résidents affirme donc qu’elle va donner une seconde chance au ministère de se faire bien comprendre auprès des établissements, et aux établissements de bien comprendre le message.

«Si ça ne fonctionne pas, c’est sûr que nous, on va prendre des actions plus concrètes, principalement au niveau de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse», a averti le docteur Lemieux.

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