Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Parce que l’on sait qu’il y aura d’autres crues des eaux importantes au Québec, il faut trouver dès maintenant des moyens de mieux se préparer pour réduire les dégâts et les coûts humains, a déclaré vendredi le ministre de l’Environnement, David Heurtel, au premier jour du forum sur les inondations qui se tient à Montréal.

L’événement qui se poursuit samedi a été organisé par le gouvernement du Québec, quelques mois après les pénibles inondations qui ont eu lieu au printemps 2017 dans plusieurs régions de la province.

L’idée du forum est d’ailleurs née au plus fort de ces inondations qui ont été «beaucoup plus intenses que ce à quoi on est habitués au Québec», a expliqué le ministre en entrevue.

Et il faut se préparer aux prochaines, juge-t-il: «on voit qu’il y a un lien qu’il faut faire, et qui est non négligeable, avec les changements climatiques».

Lors de l’événement intitulé «Ensemble, planifions l’avenir autrement», des scientifiques d’ici et d’ailleurs, des groupes environnementaux, des municipalités, des Premières Nations ainsi qu’Hydro-Québec qui gère les barrages, discutent et réfléchissent à différentes façons d’assurer la sécurité de la population affectée ainsi que la protection de l’environnement.

Il y est notamment question de l’aménagement du territoire et de la planification urbaine, ainsi que de la révision des règles applicables dans les zones inondables. Il faut aussi bien comprendre la mécanique des bassins versants, a fait valoir le ministre, car «quelque chose que l’on fait dans le nord de l’Outaouais peut avoir un impact à Trois-Rivières», explique-t-il.

Beaucoup de choses doivent être modernisées, ajoute le ministre Heurtel, qui préside le forum.

La crue des eaux printanière a affecté 286 municipalités de 15 régions du Québec, inondant plus de 5300 résidences et forçant l’évacuation de plus de 4000 personnes et la fermeture de plusieurs routes, indique le gouvernement québécois.

Le coût pour le gouvernement dans son Programme d’aide financière spécifique a été de 350 millions $ et le compteur tourne toujours, a souligné M. Heurtel.

Peu avant la fin de la première journée du forum, le ministre a dit avoir été marqué par trois constats: l’idée de mieux communiquer aux citoyens qui vivent en zone inondable les réels risques; l’opportunité de revoir la planification du territoire — et de trancher s’il est opportun de reconstruire ou non au même endroit; ainsi que l’importance d’investir en prévention.

À ce sujet, il cite une étude américaine qui a été présentée au forum et qui concluait qu’un dollar investi en prévention en fait épargner quatre en réparations.

«Il faut bien expliquer que le coût de ne rien faire, de laisser les choses aller et de toujours être en réaction est, de loin, de beaucoup plus élevé que d’investir en prévention», fait-il valoir.

Les inondations de 2017 ont été l’occasion de certaines critiques envers le gouvernement de Philippe Couillard. De nombreux sinistrés ont déploré la lenteur du gouvernement à les aider, notamment par des indemnisations. Des interdictions de reconstruire des habitations situées en zone inondable ont aussi été décrétées par Québec, mais ont suscité l’indignation de certains citoyens.

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