Eric Risberg/AP

MONTRÉAL — La responsable du nouveau laboratoire de véhicules autonomes de l’entreprise Uber affirme qu’un service de transport commercial autonome sur demande demeure un objectif à long terme.

Après avoir pris la parole au sommet sur l’apprentissage profond («Deep Learning»), mardi, à Montréal, Raquel Urtasun a indiqué que le secteur était relativement près de se doter de voitures autonomes «à petite échelle, et sur un petit nombre de routes», mais qu’«on était loin» de l’objectif d’une telle innovation dans un réseau de l’ampleur de celui d’Uber.

Mme Urtasun a soutenu que du travail restait à faire pour s’assurer que la technologie fonctionne dans tous les lieux et dans toutes les conditions possibles. Elle n’a pas voulu s’avancer à prédire combien de temps il faudrait pour que les recherches menées à Toronto génèrent les résultats nécessaires.

Mme Urtasun a indiqué que le principal défi résidait dans la technologie en tant que telle.

La cartographie routière demeure aussi un défi très coûteux. Uniquement aux États-Unis, les coûts sont évalués à 2 milliards $ US et une solution moins dispendieuse est nécessaire, a-t-elle soutenu.

Les constructeurs automobiles et les entreprises technologiques dépensent des sommes considérables pour concevoir des véhicules autonomes.

«Personne n’a de solution pour les automobiles autonomes qui seraient fiables et suffisamment sécuritaires pour fonctionner partout», a-t-elle souligné en entrevue.

Yoshua Bengio, expert en intelligence artificielle et dirigeant de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA), est aussi d’avis qu’il faudra bon nombre d’années avant que les véhicules ne soient vraiment autonomes.

«Je crois que les gens sous-estiment à quel point des recherches de science fondamentale doivent encore être menées avant que ces voitures ou de tels systèmes ne soient en mesure d’anticiper le genre de situations inhabituelles et dangereuses qui peuvent survenir sur la route», a dit M. Bengio en entrevue.

Mme Urtasun a affirmé à des collègues du secteur de l’intelligence artificielle qu’elle avait choisi de travailler pour Uber parce qu’elle souhaitait travailler à Toronto, et non dans la Silicon Valley, épicentre de la technologie en Californie.

«La Silicon Valley devrait être au Canada», a-t-elle déclaré sous des applaudissements nourris.

«Aussi, il s’agit du transport pour tout le monde, pas seulement pour les riches. J’aime cette idée», a-t-elle soutenu.

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