QUÉBEC — Le remaniement ministériel de mercredi est de la poudre aux yeux et ne changera rien pour les Québécois, ont clamé tour à tour les partis d’opposition.

Le premier ministre Philippe Couillard a profité du remaniement pour accueillir six recrues et modifier les responsabilités de neuf autres ministres. Il a vanté la jeunesse et l’expérience de son équipe, la meilleure, selon lui, pour affronter les «bouleversements mondiaux».

N’empêche, la grande majorité des ministres du gouvernement Couillard ont gardé les mêmes fonctions. C’est le cas notamment de Gaétan Barrette à la Santé, de Sébastien Proulx à l’Éducation et de Carlos Leitao aux Finances.

Selon le Parti québécois (PQ), l’action des libéraux ne changera pas, car 92 pour cent du budget du gouvernement demeure entre les mêmes mains.

«L’austérité libérale se poursuivra, et les réformes Barrette ne seront pas corrigées, a réagi le chef du PQ, Jean-François Lisée. Au contraire, leur échec se trouve désormais cautionné par Philippe Couillard.

«Le premier ministre a seulement augmenté le nombre de ses ministres; nous ne voyons rien dans ce remaniement pour les patients, les familles, les régions, ni les aînés du Québec. Le changement solide, c’est celui qu’apportera le gouvernement du Parti Québécois à l’automne 2018», a-t-il déclaré.

M. Lisée est d’avis que le gouvernement ne pourra qu’appliquer le programme de la Coalition avenir Québec (CAQ), puisque ses principaux acteurs, tels que M. Barrette, M. Proulx, et la vice-première ministre Dominique Anglade proviennent tous de ce «filon».

«Un an de transformations cosmétiques ne changera rien aux effets de l’austérité libérale inspirée par la CAQ ni aux drames qu’elle entraîne», a ajouté le chef de l’opposition officielle.

Du côté de la CAQ, on souligne que plus de la moitié des membres du conseil des ministres étaient là à l’époque de Jean Charest.

«Plus ça change, plus c’est pareil, a affirmé le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel. C’est encore le même Parti libéral, la même famille libérale qui se récompense entre elle. Philippe Couillard a choisi de garder 17 ministres de l’époque Charest. Les Québécois ne sont pas dupes. Ils savent qu’un remaniement n’efface pas 15 ans de règne libéral.»

Le député de Québec solidaire (QS) Amir Khadir s’est dit tout aussi consterné mercredi, qualifiant le jugement de M. Couillard de «défaillant».

«Ça ne m’étonne pas vraiment du tout de voir que tous les gros noms parmi les plus importants ministres de l’ère du gouvernement corrompu de Jean Charest sont toujours là», a-t-il affirmé.

QS a ainsi dénoncé la «vacuité» du discours de M. Couillard, dans lequel il déclarait que «la maison est en ordre».

«Quand on a vidé la maison de ses meubles, quand les fondations sont rongées par l’histoire de l’ère Charest, là, quand c’est pourri à la fondation, on ne peut pas penser qu’on rénove une maison juste en peinturant», a renchéri M. Khadir.

Toutefois, QS a tenu à souligner la nomination de 13 femmes au sein du conseil des ministres, quelque chose de «remarquable», selon le parti.

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