Mario Beauregard\Métro

La pression monte au Québec pour faire passer le salaire minimum à 15$ l’heure, croient les syndicats et des politiciens, alors que 200 personnes ont marché dimanche 15km dans les rues de Montréal afin réclamer son augmentation.

La campagne pour le salaire minimum à 15$ l’heure, composée des centrales syndicales du Québec et d’organismes de travailleurs et d’étudiants a organisé cette manifestation pour une seconde année de suite.

Pour Québec Solidaire (QS), cette campagne a fait bouger les lignes chez les libéraux et au Parti québécois (PQ), auparavant fermés à une augmentation.

«Depuis le début de cette campagne, le PQ a accepté l’augmentation, mais seulement sur cinq ans. Les libéraux acceptent aussi le principe et ont mis un comité de travail sur ce sujet, composé de gens du patronat. Ils comptent déposer un projet de loi, mais on n’attendra pas ça», assure le député de Mercier, Amir Khadir. Il rappelle aussi que le député de QS Gabriel Nadeau-Dubois a déposé un projet de lois en octobre pour réviser le salaire minimum.

Même son de cloche du côté du Nouveau Parti démocratique. Le député fédéral de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, promet que son parti fera de cet enjeu un argument de campagne aux élections fédérales de 2019. «Depuis un an, la pression a augmenté. On ne lâchera pas, les comparatifs sont là, les bons exemples sont là, alors il n’y a pas de raison de garder les gens dans la pauvreté alors qu’ils travaillent», a-t-il déclaré.

L’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Ontario ont prévu de faire passer le salaire minimum à 15$ dans les prochaines années, des exemples qui prouvent que le Québec peut aussi le faire, croient les défenseurs de l’augmentation.

«Le Québec a les moyens de donner 15$ de l’heure, estime Jacques Létourneau, président de la Centrale des syndicats nationaux (CSN). Le gouvernement écoute davantage les représentants du patronat, qui agitent des épouvantails, selon nous. Honnêtement, les McDonald’s, les Walmart et autres grands de ce monde sont capables de donner 15$ l’heure», avance-t-il.

Actuellement à 11,25$, et malgré une augmentation cette année, le salaire minimum est encore trop bas, croit le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses de Québec (FTQ), Daniel Boyer. «Il faut toujours se mobiliser pour sensibiliser la population et les élus, a-t-il soutenu. Depuis la dernière marche, il y a quand même des choses qui ont avancé.»

«Au premier mai de cette année, le gouvernement a décidé d’augmenter le salaire minimum de 50 sous, alors que les années précédentes, c’était 15 ou 20 sous, a ajouté M. Boyer. Notre mobilisation porte ses fruits, on annonce encore 50 sous l’année prochaine, mais ce n’est pas assez à notre goût.»

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