Larry MacDougal Amanda Lindhout.

OTTAWA — Un homme accusé d’avoir tenu en otage une journaliste canadienne dit avoir été contraint de le faire parce qu’il avait été menacé de mort par l’organisation criminelle qui l’a enlevée il y a neuf ans.

Ali Omar Ader témoignait devant la Cour supérieure de l’Ontario, lundi, et il a assuré qu’il n’avait tenu aucun rôle dans le plan élaboré pour kidnapper Amanda Lindhout qui travaillait comme journaliste près de Mogadiscio, la capitale somalienne, en 2008.

Il a livré son témoignage en somali et était traduit par un interprète.

Alors qu’il était interrogé par l’un de ses avocats, M. Ader a raconté qu’il était à un marché lorsque des hommes se sont brusquement approchés de lui en tirant des coups de feu près de ses pieds.

Selon le récit de M. Ader, ils lui auraient alors demandé de se lever et de les suivre, sans quoi ils le tueraient.

Il aurait été ensuite été transporté vers une maison située à l’extérieur de la ville — celle où Mme Lindhout, originaire de Red Deer en Alberta, et le photographe australien Nigel Brennan ont été tenus en otage.

M. Ader, un Somalien de 40 ans qui parlait un anglais rudimentaire, a plaidé non coupable à un chef d’accusation de prise d’otage pour son rôle présumé de négociateur et de traducteur.

La Couronne a présenté une vidéo filmée secrètement qui montre M. Ader affirmant à deux agents doubles de la GRC avoir reçu 10 000 $ pour son rôle dans l’enlèvement.

Une victime lui-même
Dans son témoignage, M. Ader s’est présenté comme une victime qui a été forcée d’aider trois membres d’une organisation criminelle pendant des mois. Il dit avoir subi des menaces, avoir été battu, et les assaillants auraient aussi attaqué sa famille.

Selon ses dires, le groupe l’aurait fait questionner les otages peu de temps après leur capture, et appeler la mère de Mme Lindhout, Lorinda Stewart, au Canada.

Des enregistrements diffusés au procès montrent que M. Ader a parlé fréquemment avec Mme Stewart, lui disant que son groupe réclamait pas moins de 2 millions $ pour la libération des deux otages.

«Je ne l’ai pas fait volontairement, je ne pouvais pas me sauver. Je devais faire un appel quand on me l’ordonnait», a-t-il déclaré.

M. Ader prétend avoir été battu avec une canne et atteint d’une balle qui a blessé son bras.

Il aurait réussi à «s’échapper» à un certain point, se réfugiant chez sa soeur, avant de retourner à la maison avec sa femme et ses enfants.

Les assaillants auraient aussi tenté d’enlever son fils, en plus d’avoir poignardé sa femme.

La Couronne a conclu sa plaidoirie plus tôt dans la journée après avoir diffusé la dernière partie de la vidéo.

Un agent de la GRC s’est présenté comme un magnat des médias intéressé à l’idée de tourner un documentaire sur la prise d’otage afin d’obtenir des détails de la part de M. Ader.

Il présente cette idée à la fin d’une longue rencontre qui s’est tenue en janvier 2015 à Ottawa, lors de laquelle M. Ader avait déjà signé un contrat pour écrire un livre sur la Somalie.

Ce sont lors des négociations pour le livre qu’il admet avoir reçu 10 000 $.

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