Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Hélène David.

QUÉBEC — La culture des rapports hommes-femmes doit changer, selon la nouvelle ministre de la Condition féminine, Hélène David.

Contrairement à sa prédécesseure, Lise Thériault, Mme David ne craint pas de s’afficher «clairement féministe», une prise de position qui devrait se traduire par des gestes tangibles.

«Et plus je vieillis, plus je suis féministe», dit la ministre, qui se montre très inspirée par le mouvement mondial de dénonciation des agressions sexuelles qui a cours présentement sur les réseaux sociaux, autour du mot-clic #MoiAussi — #MeToo, en anglais.

«C’est énorme ce qui se passe en ce moment. C’est mondial», a commenté la ministre David à ce propos, mardi, lors d’une mêlée de presse, en invitant les femmes à dénoncer publiquement tout geste répréhensible dont elles seraient victimes.

Ce mouvement mondial d’indignation et de dénonciation a été amorcé récemment par de nombreuses actrices de Hollywood, déterminées à briser le silence sur les agissements déplacés du producteur Harvey Weinstein.

Selon le voeu de Mme David, l’impulsion ainsi créée doit devenir «un point tournant» en vue de corriger les travers des relations hommes-femmes, dans tous les milieux.

Plus particulièrement, à court terme, elle fera en sorte que les universités et les cégeps se dotent d’une politique en la matière. Ils ne seront pas obligés d’aller en ce sens, mais ceux qui ne le feront pas pourraient s’exposer à des sanctions financières.

Mme David, également responsable de l’Enseignement supérieur, devrait déposer dans les prochaines semaines un projet de loi qui mijote depuis l’hiver dernier et visera à mieux prévenir et contrer les cas d’agressions sexuelles perpétrées sur les campus universitaires et collégiaux.

Le projet de loi devrait par ailleurs obliger les établissements d’enseignement supérieur à compiler des statistiques sur les cas de violence à caractère sexuel survenus sur leur campus.

Il faut «que la culture du viol éclate une fois pour toutes», a commenté pour sa part la députée solidaire Manon Massé, cherchant à débarrasser le Québec des «vieux mon’oncles cochons».

En point de presse, elle a dit préparer un projet de motion à déposer mercredi, dans l’espoir que l’Assemblée nationale prenne position unanimement pour dénoncer toute forme de harcèlement sexuel.

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