Jacques Boissinot La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

QUÉBEC — La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, enverra un vérificateur externe à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) pour faire toute la lumière sur la crise qui secoue l’organisme.

Depuis la fin août, plusieurs employés ont accusé, anonymement, la présidente Tamara Thermitus d’abus d’autorité et de mauvaise gestion. Cette dernière fait d’ailleurs l’objet d’une enquête du Protecteur du citoyen.

Mardi, trois commissaires ont de plus confié à La Presse se sentir mis à l’écart depuis l’arrivée en poste de Mme Thermitus.

La présidente et 11 commissaires sont nommés par l’Assemblée nationale, mais la CDPDJ est un organisme indépendant du gouvernement.

«La situation actuelle fera l’objet d’une évaluation, a tranché Mme Vallée, mardi. Il est important d’aller au fond des choses, d’obtenir de la part de quelqu’un, d’un expert complètement indépendant un diagnostic.»

La ministre a affirmé s’être entretenue avec Mme Thermitus mardi, et celle-ci aurait donné son aval à une vérification indépendante.

«Il y a des échanges. Il y a une volonté de la présidente aussi d’aller de l’avant avec cette démarche-là», a souligné Mme Vallée.

«On en est venu aux mêmes conclusions: qu’il est important d’avoir un diagnostic. Maintenant, vous dire qui sera mandaté, les recherches se font, les travaux se font actuellement pour trouver le bon expert», a-t-elle ajouté.

La présidente doit se retirer, martèlent le PQ et la CAQ

Les allégations sont nombreuses, selon la Coalition avenir Québec (CAQ): climat de travail malsain, atmosphère de suspicion et de terreur, intimidation et attitude méprisante de la part de la présidente, trois plaintes pour abus de pouvoir, mauvaise gestion et attitude irrespectueuse déposées au Protecteur du citoyen, détresse psychologique, souffrance, maladie et départs à répétition.

Plusieurs employés ont quitté la commission depuis la nomination de la nouvelle présidente, notamment son adjoint et ses deux secrétaires de direction, a énuméré le porte-parole caquiste en matière de justice, Simon Jolin-Barrette.

C’est pourquoi Mme Thermitus doit se retirer durant les enquêtes, a-t-il martelé, faisant écho aux propos de la députée péquiste Véronique Hivon.

«Permettons-nous d’aller au fond des choses, de ne pas travailler exclusivement avec des bribes provenant des médias, mais d’obtenir une information éclairée, adéquate, sur la nature du malaise», a pour sa part plaidé la ministre Vallée.

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ) et la CAQ ont de nouveau demandé à ce que la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, que mène la CDPDJ, cesse immédiatement.

Le climat n’est pas assez «sobre, digne et respectueux», selon la députée du PQ, Carole Poirier.

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