Andrew Harnik Andrew Harnik / The Associated Press

Deux hommes détenus au Québec sont accusés par les autorités américaines d’avoir dirigé derrière les barreaux «l’un des plus importants réseaux mondiaux» de trafic de fentanyl et de blanchiment d’argent.

Selon les actes d’accusation, Jason Berry et Daniel Ceron, détenus à l’établissement à sécurité moyenne Drummond, à Drummondville, dans le Centre-du-Québec, auraient assuré le pont canadien de ce présumé réseau international qui prenait sa source en Chine, et qui a mené ses activités pendant trois ans et demi, jusqu’à l’an dernier.

On sait peu de choses des deux hommes, si ce n’est qu’ils sont maintenant accusés d’avoir organisé en 2014 le transport de fentanyl et d’autres drogues chinoises du Canada vers la Floride et la ville de Portland, en Oregon, selon les documents judiciaires déposés devant un tribunal américain. Trois autres Canadiens sont aussi accusés dans cette affaire, selon les autorités américaines.

En tout, une quinzaine de personnes à travers le monde sont accusées d’avoir participé à ce vaste réseau de fabrication et de distribution de tonnes de fentanyl et d’autres narcotiques puissants vendus aux États-Unis, a indiqué mardi le Procureur général adjoint des États-Unis, Rod Rosenstein.

Deux ressortissants chinois, Xiaobang Yan, 40 ans, et Jian Zhang, 38 ans, sont accusés par la justice américaine d’être les têtes dirigeantes de ce réseau qui a été actif de janvier 2013 à août 2016. Le département américain de la Justice a notamment soutenu, mardi, que du fentanyl extrêmement pur était acheminé directement de la Chine vers des consommateurs américains, par le biais d’internet.

Le fentanyl et d’autres opioïdes auraient été responsables de la mort de 20 000 Américains et de 3000 Canadiens l’an dernier. Or, plusieurs de ces décès seraient liés directement à ce réseau de production et de distribution «Yan», selon les autorités américaines: les agents fédéraux ont pu lier au «réseau Yan» plus de 100 distributeurs d’opioïdes de synthèse qui seraient responsables de ce bilan meurtrier.

Selon les autorités américaines, l’organisation suivait attentivement les lois et les activités policières aux États-Unis et en Chine, et modifiait la structure moléculaire des analogues du fentanyl afin d’éviter toute poursuite.

Plusieurs agences et corps policiers ont participé à l’enquête américaine, dont la Gendarmerie royale du Canada. La commissaire adjointe de la GRC Joanne Grace Crampton était d’ailleurs présente mardi lors de la conférence de presse au département américain de la Justice, à Washington.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!