Omer Messinger

Une petite communauté insulaire autochtone du nord-est de l’Ontario se tourne vers les drones pour tenter de réduire ses coûts de transport de marchandises.

La première nation de Moose Cree, près de la baie James, se trouve à 2,5 kilomètres du village de Moosonee, mais elle est installée dans un archipel difficile d’accès au printemps et à l’automne. Les marchandises — aliments, médicaments et autres fournitures — sont acheminées en été par barge et en hiver par camion, sur des routes de glace. Entre ces deux saisons, alors que la rivière n’est pas gelée ou navigable, le transport de marchandises est assuré par hélicoptère, ce qui augmente considérablement les coûts.

La communauté veut tenter maintenant le transport par drone pour les marchandises de première nécessité, afin de réduire les délais et les coûts. Le projet pilote, qui doit être lancé le mois prochain, une fois obtenues les approbations réglementaires, permettrait non seulement de réduire le prix des marchandises, mais aussi de créer des emplois dans la communauté, espèrent les leaders.

Stan Kapashesit, directeur du développement économique de Moose Cree, explique que le transport par hélicoptère coûte entre 7 et 10 $ la livre de marchandise — et ces coûts élevés sont inévitablement refilés aux consommateurs. M. Kapashesit songe aussi à mettre dans le coup d’autres communautés encore plus au nord, et de faire éventuellement de Moose Cree la plaque tournante de ce réseau régional de transport de marchandises par drone.

Le président de Drone Delivery Canada, Tony Di Benedetto, soutient que le recours aux drones pour le transport de marchandises commence à faire son chemin dans des régions isolées de la planète, notamment au Rwanda et dans les montagnes d’Europe. Les régions nordiques du Canada, mal desservies par le transport traditionnel, sont pour lui un terreau naturellement fertile pour l’acheminement par drone.

M. Di Benedetto indique que l’aventure de Moose Cree débutera de façon modeste, avec des drones de 1,2 mètre d’envergure, qui pourront transporter jusqu’à 4,5 kilos de charge entre Moosonee et Moose Cree — un périple d’une dizaine de minutes. Il faudra d’abord déterminer le meilleur trajet et trouver les sites de déchargement les plus pratiques. Si le projet pilote connaît du succès, l’entreprise de Toronto offrira des drones plus gros, qui peuvent transporter de plus lourdes charges sur de plus longues distances.

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