MONTRÉAL — Un médecin devra-t-il refuser d’offrir des soins de santé vitaux à une femme portant le niqab? Un chauffeur d’autobus aura-t-il la responsabilité de lui refuser de monter à bord parce qu’elle n’a pas le visage découvert? Une bibliothécaire enfreindra-t-elle la loi si elle accepte de servir une mère dont elle ne peut voir le visage?

Ce sont autant de questions qui restent sans réponse dans la foulée de l’adoption, mercredi, par l’Assemblée nationale, du projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État.

D’ici l’entrée en vigueur de la loi 62, qui prévoit que tous les services publics devront être donnés et reçus à visage découvert, le gouvernement devra émettre des directives claires pour garantir son application.

Des directives qui devront être appliquées non seulement par les fonctionnaires provinciaux, mais également par les employés des municipalités et des commissions scolaires.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a une nouvelle fois répété, mercredi, que cette loi est inapplicable.

«Pour les services donnés, c’est une chose, mais pour les services reçus, j’ai un problème avec ça», a-t-il mentionné en mêlée de presse. M. Coderre a d’ailleurs souligné qu’aucune employée municipale à Montréal ne porte le niqab. «Ça sert à quoi? Pourquoi on fait ce projet de loi là?», s’est-il questionné.

«Je vois très très mal comment nos employés vont être soumis à une pression supplémentaire» pour faire appliquer cette loi, a fait valoir le maire Coderre. «Est-ce qu’on va avoir une police du niqab?», a-t-il ironisé.

Même son de cloche du côté du syndicat représentant les 7200 chauffeurs d’autobus, opérateurs du métro et employés du transport adapté de la région métropolitaine.

«Les chauffeurs d’autobus ne veulent pas avoir la responsabilité d’interpréter la loi ou de l’appliquer», énonce clairement Ronald Boisrond, conseiller en communication pour le Syndicat canadien de la fonction publique.

M. Boisrond affirme que les syndiqués s’attendent à recevoir de la part de la Société des transports de Montréal (STM) des «directives claires nettes et précises sur ce qu’ils devront faire lorsqu’ils vont avoir des situations» délicates à gérer.

La STM refuse pour l’instant de commenter publiquement la question. Interrogée par La Presse canadienne, la porte-parole Amélie Régis s’est limitée à dire que la STM analyse, pour l’instant, l’application des dispositions de la loi.

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