THE CANADIAN PRESS Justin Trudeau.

ALMA, Qc — Le maire d’Alma, ainsi que les dirigeants de Produits forestiers Résolu, étaient tout sourires, vendredi, lors de la visite «très constructive» du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Ce dernier a passé une bonne partie de la matinée à rencontrer des travailleurs de l’usine de papier, qui est située à Alma, au Lac Saint-Jean.

Le premier ministre était de passage dans la circonscription en appui à son candidat, Richard Hébert, en vue de l’élection partielle de lundi.

«(M. Trudeau) est quelqu’un qui est beaucoup à l’écoute, a affirmé le maire d’Alma, Marc Asselin. Ce qui m’a impresionné surtout, c’est la connaissance qu’il avait de l’entreprise.»

La question des emplois en foresterie, et l’enjeu de la protection du caribou forestier, sont vite devenus des sujets chauds de l’élection partielle.

Jeudi, huit grandes marques internationales acheteuses de papier, dont le fabricant des mouchoirs Kleenex, ont fait parvenir une missive aux gouvernements canadien et québécois, exigeant qu’ils en fassent plus pour protéger le caribou forestier, une espèce vulnérable.

Le maire Asselin a dit avoir partagé sa crainte avec le premier ministre que la protection de l’environnement se fasse au détriment des emplois.

«(Les décisions) devront être prises en fonction aussi du personnel, c’est-à-dire des individus, et de l’économie du pays, a-t-il affirmé. Parce que l’industrie forestière, c’est une économie massive au Canada, et si elle s’écroule demain matin, vous allez voir l’effet domino que ça aura.»

Le gouvernement fédéral protégera le caribou forestier, tout en «continuant de protéger des bons emplois», avait indiqué M. Trudeau la veille, à Roberval.

Par ailleurs, si les États-Unis venaient à imposer des droits compensateurs sur le papier couché ou le papier journal, la production de l’usine d’Alma sera directement touchée, a avancé le directeur des affaires publiques de Résolu, Karl Blackburn.

Plusieurs milliers d’emplois au Lac Saint-Jean dépendent de l’industrie forestière, et la crise du bois d’oeuvre inquiète.

«C’est clair que les travailleurs ont eu l’occasion de sensibiliser le premier ministre sur cette réalité qui nous plane au-dessus de la tête», a renchéri M. Blackburn, se disant satisfait des réponses «très positives» du premier ministre qui a été «très généreux» de son temps.

Tournée des radios

Plus tôt en journée, en entrevue sur les ondes du 104,5 FM, M. Trudeau a dû expliquer pourquoi son parti n’avait pas appuyé une motion conservatrice qui demandait que le gouvernement fédéral soutienne les travailleurs de l’industrie forestière, et «dénonce les efforts faits par des groupes financés par des intérêts étrangers pour perturber les pratiques forestières légitimes au Canada».

Il a d’abord répondu que le Parti conservateur avait eu dix ans pour soutenir l’industrie et que l’aide n’avait pas été «superbe». Il a aussi blâmé son prédécesseur de n’avoir pu renouveler l’accord sur le bois d’oeuvre avec les États-Unis à temps.

«Nous, on est en train de travailler extrêmement fort», a-t-il dit, sans toutefois élaborer davantage. «Je suis là pour protéger l’industrie forestière.»

M. Trudeau s’est livré au même exercice à la radio de Radio-Canada, puis à Rouge FM.

Il a abordé une panoplie de sujets, tels que la légalisation de la marijuana, la réforme Morneau et son impact sur les petites entreprises, ainsi que la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et la gestion de l’offre en agriculture.

Il a aussi promis d’élargir la zone de couverture pour la téléphonie cellulaire dans la région.

Justin Trudeau, qui était accompagné de sa femme Sophie et de leur bambin Hadrien lors de cette tournée du Lac Saint-Jean, tentait de donner une dernière impulsion au candidat Hébert, à trois jours du scrutin.

Si celui-ci est élu, il remplacera le conservateur Denis Lebel, qui a démissionné cet été après une décennie passée à Ottawa.

M. Hébert affronte le candidat conservateur Rémy Leclerc, le bloquiste Marc Maltais et la néo-démocrate Gisèle Dallaire.

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