OTTAWA — Un nouveau rapport publié dans le journal médical «The Lancet» révèle que la pollution tue plus de gens sur la planète que la guerre et les maladies infectieuses — des preuves qui incitent les écologistes à réclamer des normes de qualité de l’air plus élevées au Canada.

Selon l’article publié dans «The Lancet», jeudi, au moins neuf millions de personnes sont mortes en raison de la pollution en 2015.

Le Canada affiche toutefois l’un des taux de décès reliés à la pollution les plus faibles. Selon les données publiées, moins de 50 décès par tranche de 100 000 personnes seraient liés aux effets de la pollution. À titre comparatif, l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan et plus d’une dizaine d’États africains présentent des taux de plus de 151 décès par tranche de 100 000 personnes liés aux effets de la pollution.

Malgré tout, le professeur en sciences de la santé à l’Université Simon Fraser, Bruce Lanphear, croit que le Canada doit favoriser la recherche sur les liens probables entre la pollution et les maladies graves comme le cancer, le diabète, les maladies respiratoires et les insuffisances cardiaques.

«La pollution est générée par l’homme, ce qui veut dire qu’on peut la contrôler et que nous pouvons prévenir ces maladies», a souligné le scientifique, qui a fait partie des 40 experts à travailler sur l’étude publiée par «The Lancet».

«Nous dépensons tellement d’argent pour développer de nouveaux médicaments ou des traitements et cela commence à coûter très cher. Là, nous savons qu’avec la pollution nous pouvons agir et prévenir un grand nombre de maladies et de décès», a ajouté le chercheur.

Le gestionnaire du programme sur les produits toxiques de l’organisme écologiste Environmental Defence, Muhannad Malas, note que le Canada est l’un des rares pays développés qui ne possède pas de normes nationales qui protègent la qualité de l’air.

«Tout ce que nous avons au Canada, ce sont des recommandations», déplore M. Malas.

Des normes non contraignantes

Le Canada a adopté des normes sur la qualité de l’air ambiant dans la Loi sur la protection de l’environnement, qui fixe des objectifs en matière d’ozone, de dioxyde de soufre et de particules fines, mais ils ne sont que volontaires. Ces recommandations n’incluent pas plusieurs des polluants les plus inquiétants, comme le cadmium ou le benzène.

D’après l’Organisation mondiale de la santé, le benzène est une substance cancérogène pour laquelle il n’existe pas de niveau d’exposition sécuritaire pour l’humain. Cette substance est aussi l’un des produits chimiques qui s’est répandue à Sarnia, en Ontario — une région appelée la «Chemical Valley (vallée des produits chimiques)».

Près de 500 incidents de déversements de produits chimiques se seraient produits dans la région, selon une enquête de journalistes du «Toronto Star», de Global News et d’étudiants des universités Ryerson et Concordia. Une seule mise en garde de la population aurait été diffusée à propos de tous ces incidents.

Muhannad Malas soutient que plusieurs provinces ont adopté des lois sur les polluants, mais qu’elles ne sont pas uniformes. Il réclame l’imposition de standards nationaux.

En 2016, l’Ontario a imposé des normes strictes sur le benzène, mais plusieurs usines de la Chemical Valley se sont plaintes de ne pas pouvoir s’y conformer, alors elles ont obtenu des exemptions.

La ministre fédérale de l’Environnement Catherine McKenna s’est engagée à mettre à jour la Loi sur la protection de l’environnement l’an prochain, ce qui représente une occasion parfaite, selon Muhannad Malas, pour implanter des règles strictes sur la pollution de l’air et l’exposition aux produits toxiques afin de protéger les Canadiens.

Un comité parlementaire qui a étudié le dossier en 2016 a déposé 80 recommandations pour modifier la loi actuelle. La ministre McKenna a récemment confirmé qu’elle étudiait ces recommandations afin d’apporter des changements à la loi d’ici juin 2018.

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