Steven Senne Steven Senne / The Associated Press

OTTAWA — Des organismes et des intellectuels canadiens demandent au ministre fédéral de l’Immigration d’annuler une décision des fonctionnaires et de laisser entrer au pays Chelsea Manning, ancienne militaire américaine reconnue coupable de trahison aux États-Unis pour avoir divulgué à WikiLeaks des centaines de milliers de documents secrets.

Invitée à prononcer des allocutions à Montréal et Vancouver le mois dernier, Mme Manning a été refoulée à la frontière canadienne: des fonctionnaires ont estimé que les crimes commis aux États-Unis s’apparentaient à une violation des lois canadiennes sur la trahison. Son dossier a depuis été référé à la section d’appel de l’immigration, mais une quarantaine d’organismes et d’intellectuels canadiens réclament du ministre Ahmed Hussen qu’il intervienne personnellement, en vertu de son pouvoir discrétionnaire.

Un porte-parole du ministre Hussen a refusé de commenter un dossier qui se trouve devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.

Aucune date n’a été fixée pour l’audience en appel, mais plus de 10 000 cas étaient en attente d’examen par cette section en septembre — et de nouveaux cas sont déposés chaque mois.

La transgenre Chelsea Manning, alors qu’elle était un homme (Bradley Manning), a été reconnue coupable d’avoir divulgué à WikiLeaks des centaines de milliers de documents qui dévoilaient au monde entier certains détails jusque-là inconnus des activités militaires américaines en Irak et en Afghanistan. Elle avait été condamnée à purger 35 ans de prison, mais après sept ans derrière les barreaux, sa peine a été commuée par Barack Obama, dans les derniers jours de sa présidence. Elle a finalement été libérée de prison en mai dernier.

Chelsea Manning a fait appel de sa condamnation et techniquement, elle demeure membre de l’armée américaine jusqu’à la fin de ces procédures.

Dans leurs lettres adressées au ministre Hussen, des intellectuels canadiens et des organismes de défense des droits civils soutiennent que la venue de Mme Manning au Canada permettrait de l’entendre non seulement sur les documents divulgués à WikiLeaks, mais aussi sur son combat pour la transparence au sein des gouvernements et sur sa lutte pour les droits des personnes LGBTQ.

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