Mari Photographe tirée du compte Facebook de Léa Clermont-Dion Léa Clermont-Dion

L’auteure Léa Clermont-Dion a porté plainte à la Sûreté du Québec contre Michel Venne, son ancien patron, pour agression sexuelle, a-t-elle confirmé à Métro. Elle était mineure au moment des faits allégués.

Un peu plus tard jeudi, sur Facebook, Michel Venne a nié avoir agressé la jeune femme et a annoncé qu’il suspendait toutes ses fonctions professionnelles.

Dans un témoignage publié jeudi midi sur sa page officielle Facebook, la militante affirme avoir été agressée par l’ancien journaliste en 2008, alors qu’elle travaillait pour l’Institut du Nouveau Monde (INM). À l’époque, Michel Venne lui offre ce qu’elle croyait être une promotion. «Je dois accompagner le grand boss pendant quelques jours. Je déchante un peu quand je constate que mon idole est étrange et déplacé. Je déchante tout court quand je me fais agresser», dénonce-t-elle.

«Sous le choc», «bouleversée» et «cynique» après son agression, celle qui avait alors 17 ans quitte son emploi, écrit-elle.

Elle en parlera vaguement en 2014, dans la foulée du mouvement #AgressionNonDénoncée. Selon elle, son témoignage semble confirmer les rumeurs qui circulaient déjà au sujet de Michel Venne.

Trois ans plus tard, mercredi, alors qu’un nouveau mouvement de dénonciation bat son plein, Léa Clermont-Dion a formellement porté plainte à la Sûreté du Québec contre son ancien patron pour agression sexuelle.

La jeune femme ne dévoilera pas détails de l’agression «pour ne pas nuire au procès».

«Je parle, parce que dénoncer, c’est un acte concret d’empowerment. J’ai pris la décision de ne plus avoir honte, de me tenir la tête haute», affirme-t-elle.

Dans un communiqué, l’INM a confirmé qu’il cessait toute collaboration avec son fondateur et ancien directeur. «L’INM condamne toute forme d’agression. Les faits allégués sont très graves. Nous encourageons et soutenons toutes victimes à utiliser les services de dénonciation mis à [leur] disposition», a indiqué la directrice générale de l’organisme Julie Caron-Malenfant.

Incitée à garder le silence
Léa Clermont-Dion dit avoir été contactée en 2015 par son «idole de jeunesse», Lise Payette, qui lui demande de la rencontrer. «Elle me dit que j’ai fait du tort à un ami. Cet ami, c’est Michel Venne qui brigue la direction du journal Le Devoir. Par ma faute, il n’aura pas le poste me dit-elle», relate-t-elle dans son message.

L’ancienne ministre de la Condition féminine lui demande de rétracter ses allégations et lui fait signer une lettre pour confirmer le tout, «car, à ses dires, je pourrais être poursuivie». La jeune femme la signe. «À ce moment-là, je suis en mode panique je ne vois plus clair», témoigne-t-elle.

Jeudi après-midi, Mme Payette a admis au Journal de Montréal «avoir conseillé» Mme Clermont-Dion à propos de l’agression sexuelle. Elle affirme toutefois ne pas se rappeler de la date des événements et, contrairement à la version de la jeune militante, nie avoir été l’instigatrice de leur rencontre.

En 2016, Lise Payette s’est fait congédier du Devoir, où elle était chroniqueuse, après avoir pris la défense de Claude Jutra.

Michel Venne et Lise Payette n’ont pas répondu aux appels de Métro.

Le Devoir a indiqué à Métro qu’il ne commentera pas la situation, puisque les faits allégués se sont déroulés dans le cadre des fonctions de M. Venne à l’INM.

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