MONTRÉAL — L’animatrice et auteure Léa Clermont-Dion accuse Michel Venne de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle était mineure, mais l’ex-directeur général et fondateur de l’Institut du Nouveau Monde (INM) nie tout.

La jeune femme de 26 ans dit avoir porté plainte à la police mercredi.

Dans un long message mis en ligne sur sa page Facebook jeudi, elle affirme que l’agression s’est produite en 2008, alors qu’elle avait 17 ans et était employée de l’INM. M. Venne était alors son patron.

«Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je suis sous le choc. Je quitte mon emploi, bouleversée et cynique», relate-t-elle.

«À cause de lui et de sa prédation, j’ai honte, j’ai mal, je suis salie.»

Elle précise qu’elle ne va fournir aucun détail relatif à ce qui s’est passé pour ne pas nuire à un éventuel procès.

Michel Venne a réagi le jour même, lui aussi sur sa page Facebook.

L’ex-journaliste du quotidien Le Devoir écrit avoir pris connaissance des allégations circulant à son endroit.

«Je nie avoir agressé sexuellement Léa Clermont-Dion. Puisqu’une plainte aurait été déposée, il est préférable pour le moment de laisser le processus d’enquête suivre son cours», écrit-il.

Entre-temps, il suspend ses activités professionnelles et ses collaborations avec les organisations auxquelles il est lié, notamment l’INM.

Il avait quitté la direction générale de l’organisation en mars dernier.

Dans un communiqué, l’INM affirme prendre la situation très au sérieux et dit souhaiter que la lumière soit faite.

«L’INM condamne toute forme d’agression. Les faits allégués sont très graves. Nous encourageons et soutenons toute victime à utiliser les services de dénonciation mis à la disposition des citoyennes et des citoyens par le Service de police de la Ville de Montréal et par la Sûreté du Québec, ou par toute autre ressource disponible», écrit Julie Caron-Malenfant, directrice générale.

Mme Clermont-Dion soutient aussi que Lise Payette l’a contactée en 2015 en lui disant qu’elle a «fait du tort à un ami».

«Cet ami, c’est Michel Venne qui brigue la direction du journal Le Devoir. Par ma faute, il n’aura pas le poste, me dit-elle. J’ai « brisé cet homme, sa famille ». Elle me demande de me rétracter, car « après tout, je n’ai pas été violée »», écrit la jeune femme sur sa page Facebook. Mme Payette lui aurait fait signer une lettre réfutant les faits.

Lise Payette, la toute première ministre de la Condition féminine du Québec, a soutenu jeudi au Journal de Montréal avoir conseillé la jeune femme à ce sujet — à sa demande — et avoir agi pour la protéger en lui faisant valoir les difficultés qu’elle pourrait ensuite avoir pour se trouver un emploi et pour son avenir.

«Mon conseil a été de lui faire réfléchir à ce que ça entraînait», est-il notamment rapporté dans le quotidien. «Mais elle était libre de faire ce qu’elle voulait.»

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